Littérature du Moyen-Age - Du vers à la prose

Du vers à la prose.
Les aventures de Lancelot.
Le chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes
Lancelot en prose
auteur anonyme

I. Le roman au 12ème et 13ème siècle.
A. la naissance d'une nouvelle culture au 12ème siècle
.
On note quatre domaines d'opposition :
- clerc / laïque
- latin / français
- culture savante / culture populaire
- écrit / oral.
Au 12ème siècle les limites vont se brouiller avec la constitution d'une société féodale, autour de la classe chevaleresque. L'ordre de la chevalerie, vers 118°, va constituer une classe avec une idéologie commune, des codes, des rituels et une littérature. On a la cohabitation d'une culture cléricale et d'une autre plus aristocratique en français.
Apparition de deux nouvelles thématiques : la Guerre et l'Amour (les valeurs courtoises et la fin'amor).
La fin'amor vient du sud avec les troubadours. Il y a un lien d'émulation entre l'Amour et l'Ecriture.
Puis déplacement dans le nord avec les trouvères. L'équivalence deviendra Aimer / Combattre.
On verra la constitution de différentes formes littéraires.
- La chanson de geste
- La poésie lyrique
- Le roman
- Le théâtre (farces et mystères).
B. La naissance du roman.
La première définition du roman : un texte latin traduit en vulgaire. Avec Chrétien de Troyes qui introduit notamment l'Amour, il y a une évolution.
La seconde définition du roman : texte de fiction fait pour être lu (et non plus chanté) + genre linéaire + établissement d'un ‘je'.
La matière du roman :
- Antique : les premiers écrits sont des traductions latines (cf. le roman de Thèbes 1150, le roman d'Enéas 1160, le roman de Troie 1165). Elle est didactique.
- De Bretagne : origine celtique + influence de l'œuvre de Guillaume de Monmouth et son Historia Regum Britannias + Wace. Elle est distrayante.
Arthur est un personnage héroïque : naissance extraordinaire, enfance anonyme, on ne sait pas s'il meurt.
- Il est le représentant du monde idéal féodal et courtois.
- Qualités : justice, bravoure, largesse, courtoisie.
- Compagnons : Yvain, Perceval, Gauvain...
- Cadre spatiotemporel et pourtant hors du temps.
C. Chrétien de Troyes, inventeur du roman.
1135/1140 - 1191. Il a fréquenté la cour de Champagne, centre culturel et intellectuel. On a perdu beaucoup de ses œuvres, il ne reste que 5 romans. ( Érec et Énide vers 1170 ; Cligès vers 1176 ; roman de Lancelot, vers 1175-1181 (achevé par Godefroiz de Leigni) ; Yvain ou le Chevalier au lion vers 1175-1181 ; Perceval ou le Conte du Graal)
Il est l'inventeur du roman en tant que récit ouvert à la fiction et non plus une traduction. Réflexion sur la structure du roman (conjointure) et sur la matière bretonne et la création d'un univers, ainsi que l'invention du Graal.
D. Du vers à la prose.
Le 13ème siècle voit l'apparition du premier grand roman en prose : Lancelot Graal en 7 tomes, puis du Tristan en prose, en 9 tomes.
La prose du 13ème siècle est une écriture cyclique, lié au graal (coupe sacré), une écriture totalisant qui a la volonté de tout expliquer, écriture du vrai, de la révélation.

II. De la charrette au lac.
Le Chevalier de la charrette.
A. Les trois pôles communs.
Organisation du roman autour de l'Amour, l'aventure et la cour.
L'aventure : Chrétien de Troyes invente le chevalier errant qui voyage au hasard, en quête d'aventures et dont Lancelot est très représentatif. Les aventures sont graduelles et les épreuves de plus en plus difficiles. On a toujours une aventure qualifiante, une épreuve principale et une épreuve glorifiante. C'est souvent lié à l'au-delà. Lancelot, dans la Charrette, va au royaume de Gorre.
L'amour : il récompense l'aventure et la prouesse. Emulation entre amour et combat.
La cour : la cour arthurienne est le témoin de la valeur des chevaliers, elle a un rôle de garant. N'est reconnu chevalier que celui qui vient faire état de ses exploits à la cour avec le roi Arthur comme arbitre.
B. Structure et composition.
C'est une œuvre de commande qui doit respecter le sens, c'est-à-dire le chemin indiqué (ou le savoir faire, ce qui signifie). La structure du roman va s'attacher à donner sens à la matière. D'où le terme de conjointure (sens + matière).
Dans chaque roman, il y a un message à déchiffrer.
1- Un roman chaotique ?
Pas de début : pas de cadre, de portrait, de biographie et la fin n'est pas achevé (en tout cas pas par Chrétien). La fin est très chevaleresque et contraire à la fin d'un roman courtois. Parler de G de Leigni, n'est ce donc pas un prétexte pour imposer une fin ? La fin ne satisfait pas la curiosité du lecteur à propos du destin de Lancelot.
Art du suspense narratif : Chrétien intervient peu contrairement aux autres œuvres, il ne fait pas d'anticipation. Mystère sur le nom de Lancelot, sur l'identité de la sœur de Méléagant, structure de moins en moins rigoureuse... Jean Frappier parle d'une architecture secrète ou cachée.
2- Un jeu de symétrie.
Ces motifs vont rythmer la quête. Au moyen-âge, l'impair symbolise la pureté car il n'est pas divisible et le pair, divisible, symbolise la corruptibilité et la complexité. Dans l'œuvre, tout va par deux : deux caprices de Guenièvre, deux ponts, deux quêtes, deux gués. On retrouve cela dans le sens. Il y a un parallélisme entre le début et la fin avec la perturbation créé par l'arrivée de Méléagant. Il alterne les scènes de bonheur et de peine. L'amour de Lancelot est en premier à son zénith puis mis à mal. Impression d'une quête amoureuse sans fin.
3- Unité du roman ?
Pour D. Kenny, il y a une structure ternaire : la quête de Lancelot, Lancelot à la cour et Lancelot prisonnier. Reflète une intrigue majeure et deux intrigues mineures.
L'amour pour Guenièvre, la libération des prisonniers et le conflit avec Méléagant.
Frappier souligne que l'œuvre fonde son unité sur l'âme du héros, volontaire et amoureux.
Conclusion : sous une apparence imparfaite, la conjointure est plus finement agencé qu'on ne le croit. Elle repose sur la logique de la quête amoureuse. Rappelle l'architecture des cathédrales.

Lancelot du lac.
A. Présentation :
Appartient à un vaste cycle en beaucoup de volumes, qu'on date traditionnellement de 1225. Cette grande histoire autour du roi Arthur s'appelle Le cycle du Graal.
1- Chronique narrative.
Association de la thématique amoureuse de la charrette au thème de la quête du graal.
Histoire du saint graal ; histoire de Merlin ; Lancelot ; la quête du graal ; la mort d'Artu.
On trouve cet ordre dans certains manuscrits cycliques.
2- Chronologie d'écriture.
Lancelot ; quête du graal ; la mort d'Artu = la trilogie arthurienne.
L'histoire du saint-graal ; l'histoire de Merlin = préambule pastiche.
Volonté de saisir le temps par l'écriture, saisir la destinée du monde arthurien. Tentation vive au Moyen-âge, encore présente de nos jours (cf. David Eddings).
3- Problème de l'auteur.
On ne sait pas s'il y a un auteur ou non, des copistes, différents auteurs.
Différentes thèses s'établissent (cf. Frappier et Ferdinand Lot)
B. Structure du Lancelot en prose :
Structure bipartite.
1- L'ascension de Lancelot.
Enfance du héros et ses premiers exploits. Composition ascendante autour de la scène d'adoubement, ainsi que les premières épreuves, d'abord qualifiante, puis principale et enfin les épreuves glorifiantes.
Puis Lancelot et Galehaut, histoire d'une amitié forte + amour pour Guenièvre + Val d'amour.
Enfin épisode de la charrette. Fin de la première partie du Lancelot en prose.
2- Préparation de la quête du graal.
Confrontation successive des chevaliers arthuriens au Graal, dans le château du roi pêcheur : Gauvain, Lancelot, Bohort.
La guerre des Gaules. On propose à Lancelot de devenir roi de Gaule mais il refuse.
Départ de Gaalad pour être fait chevalier à la cour du roi Arthur. On dit que Gauthier Mat achève ici son œuvre, alors qu'il est mort avant. C'est une preuve du trucage des copistes. Mais cela introduit la suite du cycle.
3- Personnage de Lancelot.
Chez Chrétien de Troyes, on trouve la première référence à Lancelot du Lac dans une liste de chevalier dans Erec et Enide. Il apparait en 3ème position après Gauvain et Erec. On le retrouve dans Cligès où il perd un tournoi contre Cligès.
En 1178 il devient le héros du Chevalier de la charrette. On nous propose seulement un fragment de sa biographie et Lancelot est déjà chevalier. On a une brève allusion à son enfance, élevé par une fée. C'est donc une histoire déjà connu du lecteur, il existe avant Chrétien.
La tradition allemande : Lonzelet de Ulricht von Zatzikhoven (fin 12ème, début 13ème siècle). Roman où le héros vit beaucoup d'aventures, il devient roi, séduit des demoiselles...
Il y a des points flagrants de ressemblance dans le début de l'œuvre du Lancelot en prose :
On a un roi tyrannique mis à mort, dont le château brûle, qui fuit et meurt. Son fil, Lenzelet, est enlevé par une fée ; et il passe son enfance dans la mer. Il vit beaucoup d'aventures pendant lesquelles on relève son nom et son lignage.
Mais l'orientation est différente : il n'y a pas de Guenièvre et il devient roi.
Si Lenzelet n'est pas la source mais a tant de ressemblance, c'est qu'il existe une source commune. Mais elle est perdue, c'est une légende orale.
C. L'origine du personnage.
Cf. l'article de Laurence Harf « Lancelot et la Dame du Lac » (Romania 105). Elle pose l'hypothèse d'une origine folklorique, liée à l'enfance féerique du héros.
On a vu qu'il existe un schéma biographique d héros auquel correspond Lancelot (cf. La naissance du héros de Gotto Rank).
Cf. article de Dominique Boutet Lancelot : préhistoire d'un héros arthurien Annales tome 44. Hypothèse d'origine du folklore. Serait la transposition romanesque d'un personnage mythique. Le point de départ de la démonstration est un parallélisme avec le dieu irlandais Lug, qui un enfant sans nom, élevé par une nourrice et qui, une fois armé et adulte, se rend célèbre par ses prouesses (entre autre, le soulèvement d'une dalle qui lui révèle son avenir), ainsi qu' d'autres coïncidence.
Mais ce n'est pas un cas isolé, puisqu'on le retrouve sous des formes similaires dans toute la civilisation indoeuropéenne.
G. Dumézil le rapproche ç des dieux scandinaves ou indiens. C'est là la preuve que Lancelot est la retranscription d'un mythe. Le Lancelot en prose puise sa matière dans un fond commun mythique : c'est une création romanesque à base de folklore et de mythes. Cela fait partie de sa nature et de son destin.
La construction littéraire mythique repose d'abord sur le passage du vers à la prose. Ceci constitue un socle favorable à la construction d'un mythe.
Le mythe se forme autour du couple amoureux de Lancelot et de Guenièvre. C'est un récit porté et à sa valeur universelle. L'Amour humain idéal.
On le retrouve partout : Dante, Aragon, au cinéma, dans l'héroïque-fantaisie...

Quelques plans de commentaires de texte extraits des deux œuvres.

Qu'est ce qu'un prologue ?
Au Moyen-âge, le prologue est une partie fondamentale de l'œuvre. Dans les arts poétiques, il y avait des conseils pour bien rédiger le prologue, avec des règles à respecter.
Objectifs :
- Attirer l'attention du lecteur, la captatio benevolentiae (cf. Cicéron).
- Justifier la rédaction de l'œuvre. C'est un genre de pacte d'écriture.
- Il faut faire une dédicace, en général à un ami, un dieu, un mécène, un commanditaire.
- Il faut vanter les mérites de l'œuvre en disant que c'est une histoire inédite ou en faisant référence à une autorité (genre de publicité).
- Transmettre du savoir et partager ce que l'on sait.
- C'est un lieu de l'exhortation à l'écriture poétique.
- C'est le lieu où l'on peut trouver l'auteur et/ou la date et/ou le titre.

Plan possible de commentaire (c'est moi qui l'ai écrit) sur le prologue du Conte du graal
I. Les lieux communs du prologue
A. Présence de l'auteur narrateur au cœur du prologue.
B. L'auteur et le mécène
II. Le modèle de la parole divine
A. Texte religieux de Chrétien avec la référence au Graal.
B. Sagesse populaire avec la formule proverbiale et la parabole du semeur.
C. Mise en condition du lecteur.
III. Annonce de la fiction à venir.
A. Opposition binaire du prologue
B. Idée de la fécondité de la parole avec l'image du semeur
C. Modèle du pro'homme : insistance sur la charité.


Deux plans possibles : commentaire sur le prologue du Chevalier de la charrette (du professeur)

I. Une œuvre de commande
II. Un éloge
III. Réflexion sur le roman.


I. La dédicace
A. Une œuvre de commande
B. Une rhétorique de l'éloge
II. Réflexion sur l'écriture romanesque
A. Vocabulaire technique précis
B. Figure de l'écrivain
III. Un sens caché ?
A. Aucune annonce directe du sujet : préfiguration ?
B. Jeu de masque, de dérobade

Plan possible : commentaire sur le prologue de Lancelot du Lac
I. Un mode d'exposition
II. Un démarrage de l'action
III. Les trous et les blancs de l'ouverture.

Plan possible : commentaire sur l'enlèvement de Lancelot dans Lancelot du Lac.
Par une élève :
I. Douleur de la mort du roi : perte de l'honneur
II. Douleur de l'enlèvement : perte de l'enfant
III. Extériorisation de la douleur par la parole avec Dieu.
Par le professeur :
I. Scène d'enlèvement
A. Orphelin déshérité
B. Apparition d'une nouvelle mère
C. Figue féerique mais maternelle
II. Reine des grandes douleurs
A. La reine au centre d'un enchainement de malheur.
B. La mort au monde de la reine
III. Entre réalisme et merveilleux.
A. Une écriture attentive à l'enchainement des faits.
B. Scènes de merveilles pures

Plan de commentaire sur le portrait de Lancelot dans Lancelot en prose.
I. Justification du portrait
A. Un portrait narratif
B. Situation temporelle flou
II. Portrait sous le signe des contraintes
A. Tout est beau en lui
B. Entremêle le physique et le moral
C. Union des contraires
III. Portrait d'exception.
A. Enfant parfait et pourtant pas enfantin.
B. Surgissement du chevalier et de l'amant
C. Grand savoir faire du narrateur.

Plan de commentaire sur la scène de la fontaine dans Le chevalier de la charrette.
I. Un épisode nécessaire
A. Une étape dans la quête.
B. Une scène de pause
II. Un épisode symbolique
A. Le folklore
B. Adoration des cheveux
III. Episode à focalisation multiple.
A. Description outrée
B. Intervention du narrateur
Conclusion : on a une nouvelle épreuve imposé au héros dans le cadre symbolique de la fontaine, qui est souvent liée à des moments décisifs de la vie du héros. La fontaine est aussi liée à la présence féminine, mystérieuse qui se dédouble ici : la demoiselle, la fée et la reine aimée.

Plan possible : commentaire sur le cortège de la reine
I. Notion de spectacle énigmatique
A. Jeu de miroir
B. Jeu de regard.
II. Obsession de la mort
A. Scène macabre
B. Tentation du suicide
C. Interprétation du geste
III. Valeurs symboliques de la scène
A. Geste empêché et ironie de Chrétien
B. Réhabilitation possible du héros ?

Plan possible de commentaire : le discours de la dame du Lac dans Lancelot en prose.
I. Scène de passage
A. Schéma narratif héroïque
B. Deux mondes en situations, deux ruptures.
C. La rencontre de deux univers dans un lieu privilégié
II. La leçon de chevalerie
A. Origine et fonction de la chevalerie
B. Symbolismes des armes
C. Schéma des trois ordres.
III. Découverte de son identité
A. Découverte de son destin
B. Symbolisme des couleurs
C. Rencontre avec le chevalier enferré
Conclusion : Lancelot est différent des autres. Il enfreint vite l'ordre royal en parlant au chevalier enferré. Il est à la fois à l'intérieure et à l'extérieure de la cour.

Plan de commentaire possible : le chevalier enferré dans Lancelot en prose
I. Le rituel de l'adoubement
II. Une aventure singulière
III. Un épisode ambigu et symbolique
Conclusion : caractère signifiant de l'aventure par l'entrelacement des aventures qui soulignent l'héroïsme du héros + annonce la suite du Lancelot du Graal.

 

La féminité :

La femme au Moyen-âge : il ne faut pas être réducteur. Cf. D. Duby Le chevalier, la femme et le prêtre.
On a peu de témoignage sur la femme. Duby montre trois visions :
- La vision morale des prêtres, cf. la Genèse : la femme est le reflet inférieur de l'homme + assimilation au péché.
- Morale du chevalier : l'épouse qui donne un héritier mâle + femme qui peut tromper son mari : la femme échappe, elle est mystérieuse. C'est un être dangereux car inconnu.
- La morale courtoise : elle renverse ses points de vue négatifs. Elle est l'objet d'un profond respect, elle est mise sur un piédestal, elle est une dame dont l'homme n'est que le vassal.

Dans le Lancelot en prose, un critique partage les femmes en quatre groupes :
- Les femmes actives (dame du lac, demoiselles accompagnatrices, la dame de Nohaut).
- Les femmes secondaires (demoiselle du pavillon) et les personnages qu'il ne fait que croiser.
- Les personnages de décors dans les châteaux, la cour, etc.
- Les femmes auxquelles ont fait référence (Ygerne).

Fonction épique de la féminité au sens de l'épopée.
Dans les chansons de geste, les femmes sont des épouses, avec un rôle de lamentation et terminent souvent leur vie dans des couvents. Ici, c'est le cas de la Reine Hélène (reine des grandes douleurs) et Evaine. Elles deviennent moniales. Ce ne sont pas des personnages autonomes, elles n'ont pas de destin, elles sont importantes par leur lignage : la femme donne le nom et un lignage royal à Lancelot. Elle disparait vite de la narration avec son rôle maternel.

Fonction romanesque de la femme :
Il y a un monde de femmes qui envahit le roman avec des figures phares : la dame du Lac, Guenièvre, la dame de Nohaut. Elles jouent un rôle dans le destin de Lancelot.
La dame de Nohaut est la garante des premières aventures de Lancelot. Elle met en place les premières épreuves.
La dame du Lac prépare le héros à l'aventure par l'éducation et ses protections. C'est une fée bienfaisante (liée aux fées marraines, sorte d'ange gardien). Elle a une main mise sur la fonction. Protectrice relayé par les demoiselles, qui ont une fonction narrative et font le lien entre le réel et le surnaturel.
Guenièvre (= le fantôme blanc, la blanche fée) est l'épouse qui garantit à Arthur la souveraineté. Près de Lancelot, c'est elle qui lui donne l'épée/ va à l'encontre du destin héroïque, le détourne du graal.
Ces femmes n'existent qu'à travers l'Amour qu'elles ont ou qu'elles réveillent.

Le désir féminin :
Les femmes sont amoureuses, souvent de Lancelot. La dame de Nohaut aime le héros même si ce n'est pas clairement expliqué : elle le cherche, le traque, le soigne. Sorte de quête amoureuse. Désir étouffant. Lancelot répond par l'indifférence. La demoiselle de la douloureuse garde aime aussi le chevalier mais « pas de l'amour que vous croyez » : il y a donc un doute. Fonction narrative elle est un personnage outil, elle n'a pas le droit de l'aimer. Elles ont toutes du mal à exprimer leurs sentiments.

La fée-minité.
Il y a déjà un modèle pour les auteurs de la fée. Elle représente le désir féminin charnel, la luxure, la créature sensuelle, érotique et initiatrice. Dans Lancelot, elle incarne le désir libéré des codes de la société. C'est dans l'autre monde que les chevaliers vont chercher cette féminité un peu sauvage.
Rupture avec le schéma de Mélusine et de Morgane. Ici, la fée est maternelle. Le désir érotique devient maternel. Elle n'est jamais décrite, elle est absente par le corps.
Le désir féminin est déplacé sur la figure de la reine. Volonté de décrire toutes les étapes du développement amoureux. Travail sur l'union symbolique et physique. Il y a une certaine tendresse de l'auteur envers le couple d'amants.

La féminité est maitrisée mais non méprisée. Réflexion sur le désir. La femme est à la fois protectrice et tentatrice.

Plan de commentaire possible pour l'Epreuve de la douloureuse garde.
I. Structure de l'épisode
A. L'histoire d'une conquête en deux temps.
B. On en dégage un mouvement ascendant.
C. Ecriture de l'enlacement.
II. Epanouissement du merveilleux
A. Gradation du merveilleux dans les combats.
B. Scène du cimetière
C. Destruction des enchantements.
III. Lancelot à la découverte de son destin (...)

Plan de commentaire sur le cimetière futur (analyse comparative)
I. Inscription de la scène dans la narration.
A. L'aventure du cimetière dans la quête chevaleresque
B. La fonction narrative de l'épisode
II. L'écriture du merveilleux
A. Du merveilleux pur à un merveilleux rationnalisé
B. Point commun entre les deux textes : la merveille est associée à la mort
III. Poids du mystère
A. Mystère des tombes
B. Mystère du nom.
C. Lecture symbolique.

Plan de commentaire pour la scène de bataille violente entre Lionel et Bohort (Lancelot en prose)
I. Rôle et interprétation ambiguë.
A. Scène provoquée.
B. Scène fantastique
II. Scène de combat furieux et épique.
A. Excès, hybris, fureur.
B. Violence épique
III. Scène symbolique
A. Jour particulier.
B. Mort de l'héritier.
Conclusion : scène qui a beaucoup de conséquence : Claudias continue dans la violence et fuite vers le lac.
Scène qui mérite une double lecture : dramatique et symbolique. Narrateur très présent dans cette scène.

 

 

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