L'ordre des mots - Mr Le Goffic - 3ème année de licence

Grammaire française

F5067 linguistique

Mr Le Goffic

 

01/10/08

Au lieu d'étudier la grammaire d'un point de vue hiérarchique (ce qui se fait habituellement), on va l'étudier d'un point de vue linéaire, suivant l'ordre des mots.

Cela sous entend une bonne connaissance de la grammaire classique.

(cf. le dossier « Photos » - document annexe, c'est indispensable)

 

I- La phrase et le point du vue topologique (positionnel).

 

1) Introduction : « Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. »

Cf. le texte de Molière, extrait du Bourgeois gentilhomme.

Malgré les différentes versions que propose Molière, on garde des syntagmes, comme les Groupes Nominaux. L'ordre interne de ces GN ne changent pas, la liberté n'est donc pas totale. (Ex de syntagmes : « belle marquise » ; « vos beaux yeux » ; etc.)

 

me font = pronom clitique* + forme verbale = les deux sont inséparables.

Le pronom clitique a une position fixe, il est toujours devant le verbe, c'est une sorte d'indice grammatical.

*clitique = qui s'appuie sur.

 

On a donc : GN + (pronom clitique + verbe) + (proposition + complément (= d'amour))

Le GN « belle marquise » est celui qui a la liberté la plus grande car c'est une apostrophe, elle est en dehors de la hiérarchie principale. Il fait partie du canal de l'émetteur au récepteur, il est distinct du message, il réfère à la transmission.

àDans la communication : il a le message + d'autres éléments qui concernent la communication par-dessus le message.

On peut mettre les apostrophes partout dans la phrase : au début, à la fin et à toutes les frontières de constituant.

Mais on ne peut toucher au niveau micro-structural.

 

Pourquoi les deux dernières phrases nous semblent elles plus obscures ?

Réponse : elles ne sont pas conformes au modèle du français car le verbe est au début ou à la fin de la phrase, or il doit être entre le début et la fin de la phrase.

Ceci n'est pas vrai dans toutes les langues (cf. le latin).

La place la plus juste semble être entre le sujet et les compléments, avec l'apostrophe au début. La première phrase de Mr Jourdain est donc la plus naturelle.

On travaille donc au niveau de la phrase, de ce qu'elle est.

 

2) La phrase et ses approches.

La phrase = tout ce qui se rattache à la prédication. Elle se présente comme une vérité.

Ex :      « Socrate » = étiquette         « est un homme » = concept      « Socrate est un homme. » = jugement vrai.

àAssociation qui crée une vérité que les mots seuls ne recèlent pas. A la phrase / à la proposition élémentaire, on peut bien sûr rajouter des subordinations et des coordinations.

 

Point de vue de l'analyse : on en a plusieurs.

  • Hiérarchique.
  • Intonative (oral).
  • Sémantique.
  • Informationnelle.
  • Pragmatique.
  • Topologique...

Ces points de vue sont reliés : les motivations de l'ordre peuvent être cherchées dans plusieurs des autres domaines.

 

3) grammaire topologique (= positionnelle).

Comment décrire la linéarité du français ?

On fait une distinction : noyau + périphrase = phrase.

a) Les éléments périphériques : que peut-on avoir ? Où peut-on les mettre ?

La position la plus naturelle : au début de la phrase.

On peut avoir :

  • Des apostrophes, comme par exemple: « belle marquise»; «mesdames et messieurs»; etc.

Il ne faut pas oublier qu'on a toujours un énonciateur qu'on peut soit mettre de côté, soit qui se met en scène : Socrate est homme. Je suis malade. Dans la 2nd phrase, le sujet de l'énoncé est le sujet de l'énonciation.

  • Des adverbes de phrases / d'énonciations, qu'on appelle aussi élément extra prédicatif. Ex: «Franchement, votre sonnet de vaut rien.» (Molière, le Misanthrope.) Ce terme est relatif à l'énonciation et non à l'énoncé.Ex: A mon avis, sincèrement... Attention à ne pas le confondre avec un adverbe de prédicat (Ex: Il a parlé franchement.).
  • Des périphériques considérés comme des cadres, et non rattachés à une seule prédication. Ex: Hier, j'ai acheté un pull. à les périphériques ne concernent pas seulement l'énonciation.
  • «Moi, l'informatique,...»: on ne sait pas comment la phrase va réutiliser ces termes. Il y a donc une périphérie. La phrase reprendra les termes lancés en avant: c'est une sorte de planification de ce dont on va parler.

è La frontière entre le noyau et les périphériques est intéressante : une périphérie peut faire dix lignes. Ex : « Mesdames et messieurs, franchement, moi, l'informatique, hier encore j'en parlais avec mon épouse, je n'y comprends rien. »

En général : à gauche on a un préfixe, à droite un suffixe et le milieu du noyau est appelé infixe.

 

b) Le noyau : une proposition de base.

« Vos beaux yeux / me / font / mourir. » = se sont des éléments connus de la grammaire. On a un GN sujet + pronom clitique + verbe conjugué + COD verbe à l'infinitif. On pourrait, pour les distinguer, les numéroté.

Problème : le verbe n'est pas toujours en 3ème position comme dans ce modèle là. Il faut donc des points de repère.

La position clé est celle du verbe, il est le pivot.

Tout tourne autour du verbe : c'est la tête prédicative (à 99%).

Provisoirement, on peut dire que : à gauche, c'est la position du sujet, à droite, la position du complément.

 

07/10/08

On a vu au cours précédent qu'un phrase = noyau + prédicat. Et il a toujours des problèmes de frontières.

 

Le soleil brille. à C'est le seul ordre possible en français : le sujet, puis le verbe.

Pierre bats Paul. à Le COD suit le verbe. L'ordre, ici, est signifiant / grammatical.

La place dépend du verbe qui est le prédicat, et qui a une position pivot.

On raisonne sur le verbe et les places qu'il appelle autour de lui. On appelle cela la valence du verbe. En général, un verbe appelle un, deux ou trois éléments max.

C'est le verbe qui donne la structure du noyau, c'est donc assez simple : la valence du verbe donne le nombre de complément.

On oppose les compléments essentiels et les compléments accessoires.

Essentiel : appeler par le verbe

Accessoire : tous les autres compléments.

Attention : tous les périphériques sont accessoires mais tous les accessoires ne sont pas périphériques.

                         Essentiel

Noyau          

                         Accessoire (intra nucléaire ou intra prédicatif)

On peut commencer par étudier une topologie du noyau essentiel.

Cf. tableau 1. Les cinq premiers exemples sont évidents.

Exemple 6, on voit que l'ordre des deux derniers groupes est plus libre.

On note aussi qu'on dit : Paul donne des fleurs à Marie. (a)

Mais Paul donne à Marie un beau bouquet. (b)

On comprend que le français procède par masse croissante (même si cela reste un critère secondaire) : on met les éléments courts avant les éléments longs. C'est une question de communication et d'information.

Tout, dans une phrase, n'a pas le même degré d'information, notamment au niveau de la nouveauté.

En général, il y a d'abord une unité d'information que tout le monde connait puis une nouveauté : le thème + le rhème.

Exemple très schématique : La terre est ronde. (c) On par du principe que tout le monde connait la terre, ce qu'elle représente et que l'adjectif ronde est une nouveauté. 

è Le prédicat est donc plus informatif que le sujet.

è La bonne information est croissante.

Dans notre exemple (b), on veut clairement parler du bouquet et on peut en développer la description.

La longueur de la nouveauté dépend du fondement informatif.

 

Mais le terme de départ peut ne pas être sujet.

Cf. tableau 1 bis. De votre vote dépend l'avenir de la France. (d)  Comme on veut insister sur la France, on la met en évidence, à la fin de la phrase.

è Terme de départ + tête prédicative + complément essentiel

(99% un sujet)        (99% verbe)

   Thème

Qu'est ce qui vient compliquer cet ordre ?

Les clitique : cf. le tableau 2.

Les clitiques sont liés au verbe, ils n'ont pas d'accent propre. On peut les enchainer : Je ne lui en ai pas donné.

 

Du point de vue topologique, dans : Paul chante. et Il chantePaul et il n'ont pas la même position.

Tous les deux sont sujets et tous les deux occupent la première place. Mais :

Il est anaphorique et parfaitement thématique. C'est un clitique lié au verbe. C'est donc un sujet clitique.

Paul, lui, n'est pas forcément collé au verbe, on peut par exemple insérer un périphérique entre eux. C'est donc un terme de départ.

 

Cf. le texte de Gracq.

Phrase (1) : La pièce assez vaste où Grange entra...

Ce segment de phrase à pour fonction : sujet : pour catégorie : Groupe Nominal ; pour position : terme de départ.

Donnant : verbe, tête prédicative.

Fin de la phrase : complément. On peut s'interroger sur la partie après les cantonnements boueux de la Meuse. A quelle partie de la phrase faut-il le rattacher ? Cependant cela ne change pas trop le sens.

On a la une progression informative dans le début de la phrase, mais pas trop sur la fin.

 

La phrase (2) comme par une très longue périphérie de deux lignes. On erre dans la syntaxe et l'énumération.

Une subordonnée : c'est quand une structure de phrase devient un terme.

Ex : dans la phrase (3) on a en fait deux phrases grammaticales.

(...)

 

15/10/08

1- Rappel de la différence entre le noyau et le périphérique.

Le noyau est organisé autour du prédicat (= le verbe + compléments essentiels).

Le périphérique n'a pas de rapport direct avec le prédicat (on y trouve les compléments accessoires extra-prédicatifs.

 

Les compléments essentiels : se sont ceux appelé par la valence du verbe.

 

(1) Heureusement, ça c'est terminé. = Enfin, c'est fini.

(2) Ça s'est terminé heureusement. = Ça s'est bien fini. Happy End.

L'adverbe a le même sens, mais il ne porte pas sur la même chose.

Dans l'exemple (1), on ne sait pas comment cela s'est fini, l'adverbe porte sur l'ensemble, il est détaché du prédicat, et il peut changer de place. Si on met la phrase à la forme interrogative ou négative, cela ne portera pas sur l'adverbe.

Dans l'exemple (2), l'adverbe porte sur le verbe, il est intra-prédicatif, il a une portée étroite. Il est accessoire grammaticalement mais important sémantiquement. Si on met la phrase à la forme interrogative ou négative, cela portera sur l'adverbe.

àLe comportement est totalement différent.

 

Théoriquement, une phrase « classique » se compose ainsi :

Terme de départ // tête prédicative // complément (1) // complément (2).

 

Mais dans une phrase telle que :

Alors // survint // un loup.

Alors est un complément non-essentiel (ce n'est pas un périphérique car il date le prédicat). Parfois, il est même absent (« Survint un loup. »)àIl n'y a pas de terme de départ à proprement parler, car la phrase s'insère dans un récit. L'absence est mentalement remplacer par « à ce moment là ».

 

2- Les clitiques modifient la structure de la phrase, ils s'insèrent entre le terme de départ et la tête prédicative.

Terme de départ // clitique(s) // tête prédicative // complément (1) // complément (2).

 

3- Les formes verbales composées. Cf. tableau 3.

Cela entraîne des changements d'un point de vue syntaxique.

Il a chanté.

Il n'a pas chanté.

N'a-t-il pas chanté ?

Morphosyntaxiquement, l'auxiliaire et le verbe ne sont pas collés.  On peut les séparer par la négation ou les clitiques.

Du point de vue linéaire, un verbe composé à deux positions différentes.

Parfois, dans un passé composé passif, on a même deux auxiliaires : Il a été élu.

 

[Parenthèse sur l'origine du passé composé :

(1) Il / a // les bras // croisés. (Croisés est attribut du COD).

(2) J'ai / de l'argent // déposé à la banque. (Déposé à la banque est attribut du COD).

On a là l'origine du participe passé.

Prenons l'exemple (2) : initialement, on avait le verbe avoir + un participe passé attribut du sujet.

Puis s'est devenu, avec le temps, un passé composé, à cause d'une ré-analyse : il ne s'agit plus du verbe avoir mais du verbe déposer. (Cela à lieu au 16ème siècle).

La complexité de l'accord du participe passé avec le verbe avoir vient de là.

Le problème, c'est qu'on se souvient de cette règle seulement quand l'objet est avant (et non plus quand il est après).

C'est donc devenu pour nous une contrainte injustifiée.

Observons se poème de Ronsard :

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil
.

Dans le second vers, on note que l'accord est fait. Sin on y voit un plus-que-parfait, on fait alors une interprétation moderne, puisqu'on a plutôt ici un emploi d'attribut du sujet.

Sémantiquement et syntaxiquement, on est à mi-chemin entre l'attribut de l'objet et le plus-que-parfait.

Dans le vers quatre, on ne fait pas l'accord, comme dans la syntaxe moderne : c'est un passé composé. ]

 

On peut avoir à l'initial de la phrase un terme interrogatif ou subordonnant, le plus souvent qu'.  C'est la borne absolue à gauche du prédicat. Il introduit beaucoup de complications que l'on ne va pas étudier.

àLe noyau : Qu' // terme de départ et/ou clitique complément // tête prédicative // complément 1 // complément 2.

 

Lecture du texte : retranscription écrite d'un dialogue oral.

En général, on met en avant l'intonation (se qui pose beaucoup de problèmes).

La question qu'on se pose est la suivant : peut-on trouver des phrases ?

L'idée est d'utiliser la grammaire habituelle pour étudier une stylistique tout à fait différente de celle de l'écrit.

 

Il faut voir le langage comme un format d'échange : notre code est le format « phrase » (de la même façon qu'on parle d'un format mp3, JPG, etc.). Quand on parle, on arrive toujours à construire des phrases. Cependant, il faut faire des corrections, des essais, recommencé... il y a donc dans notre discours oral spontané des déchets. Pourtant cela reste de la grammaire de la phrase.

De plus, on a souvent différents échanges simultanés. On a la faculté extraordinaire d'être sur plusieurs canaux de conversations en même temps.

Dans notre texte, on supprime donc l'échange qui concerne les glaçons.

 

Les chiffres font références à des bouts de texte. Cf. photo (en haut du blog), intitulé « retranscription d'un dialogue ».

(1) on a un préfixe cadratif, mais on n'a pas encore de noyau.

(2) il reformule son cadre et s'installe dans une narration. On attend un noyau.

(3) on a un début de noyau, composé d'un sujet clitique et d'un verbe : J'étais.

(4) bé voilà : c'est une charnière qui signifie « ça y est, j'ai mis de l'ordre dans ma tête », il possède enfin un format de phrase lisible / interprétable pour son interlocuteur. C'est une recherche de la bonne formule.

Voilà à quelque chose de prédicatif.

(5) on a là un grand morceau de phrase impeccable, qui annule en quelque sorte le cadre prédicatif précédent. Donc est une articulation du discours.

(6) il a un début de phrase qui ne marche pas : j'étais les. On remarque que quand on recommence un segment de phrase, on le reprend toujours à partir d'un terme intelligible par l'interlocuteur : on redonne des indices du début (souvent un sujet clitique et son verbe). Ex : là il reprend j'étais en ville.

(7) il reprend le j'étais en ville : il y a un souci extraordinaire et constant de la compréhension et du détail (au niveau de / du palais...). Celui qui parle active une sorte d'autocontrôle, de préadaptation au récepteur.

Puis notre locuteur perd le fil de son discours, il s'ensable totalement : on observe une baisse de la qualité de la production.

(8) puis on a une bonne reprise : je faisais la queue à une cabine téléphonique.

(9) parce que : on hésite sur le statut interne ou externe au prédicatif.

(10) pareil : il symbolise clairement une projection dans l'avenir du dire. Il signifie « c'était pareil » et il est donc à lui tout seul un noyau. En (10) on a donc trois phrases.

àIl y a une grammaire du noyau que notre locuteur maitrise et qu'il essai de faire passer. Il en fait une utilisation ferme et rigoureuse.

 

95% des phrases en français commence par un déictique sujet.

Cf. Benveniste : je et tu es des déictiques, c.à.d. des protagonistes de l'énonciation.

Il est seulement anaphorique, il est toujours thématique car on en a toujours déjà parler.

On utilise les GN pour introduire des référents nouveaux. Or on a vu qu'en français, on préfère commencer par une chose qu'on connait et ajouter ensuite le nouvel élément (tout du moins à l'oral).

Ainsi, en position sujet, on trouve presque toujours des anaphoriques : c'est un mécanisme fondamental.

Il y a un type, il a fait ceci ou cela...le il est anaphorique.

 

è Le modèle de la phrase et la structure puissante du noyau assurent la communication.

 

 

 

 

 

12/11/08

Partiel de semi-semestre. 1h

 

Les périphériques :

« Citoyens, pour ma part, le drapeau rouge, je ne l'adopterai jamais. » Lamartine.

 « Je ne l'adopterai pas » = noyau (on a un sujet clitique, une information nouvelle, etc....).

Le reste compose les périphériques de la phrase, à gauche du noyau = des préfixes.

C'est une zone de liberté, avec trois préfixes.

  • «citoyens» est une apostrophe qui installe le canal du message.
  • «pour ma part» est un groupe prépositionnel, une mise en scène de l'énonciateur, qui donne un avis individuel, particulier et précieux, qui attire l'attention.
  • «le drapeau rouge» est le thème de la phrase, ce dont on parle, le topique du discours, mais on ne sait pas encore se qu'on va en faire: il est hors fonction syntaxique.

On stocke des informations hors fonction syntaxique. On peut aussi parfois parler de prolepse ou de dislocation.

àDans une même position, on peut donc avoir plusieurs préfixes.

On a un critère d'extériorité par rapport au prédicat, sur l'axe linéaire. Les topiques sont plus près du noyau, et l'apostrophe est plus surplombante.

De plus, de façon assez subjective, on a une impression de longueur croissante.

Critères des préfixes : ils sont avant le noyau et caractérisés par des marques de début.

Préfixes :

  • rapport de l'énonciation comme les apostrophes,
  • les vocatifs,
  • les adverbes de phrase (Franchement, ...), qui sont sur le dire.

Sur le dit, on a des adverbes de modalité par exemple.

  • Attention, les coordonnants (mais, ou, et, donc...) sont des préfixes:

Jean est venu et Paul est parti. On a deux phrases, et le terme et est le début de la seconde phrase.

  • Les cadres de discours: hier, l'autre jour, en France,... On va situer à cet endroit une ou plusieurs phrases.
  • Les topiques.
  • Les prédicats seconds.

 

19/11/08

Comment aborder le problème du lien entre la phrase et le texte.

Comment se fait le tissu du texte à partir des phrases ?

P° 10 du fascicule, cf. la phrase de Céline.

« Moi d'abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j'ai jamais pu la sentir, je l'ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n'en finissent pas, ses maisons où les gens n'y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. »

  • Moi: pronom; préfixe.
  • d'abord: on ne sait pas trop si on doit lire «moi d'abord» ou «moi, d'abord»; c'est un adverbe; concerne l'organisation du discours.
  • la campagne: un GN; topique; c'est le thème.
  • faut que je le dise tout de suite: structure de phrase, mais il n'y a pas de prédication sur la campagne. C'est un point de difficulté formelle. On note une absence de sujet clitique. le est un pronom cataphorique: il y a un degré de préparation énorme. Il cataphorise une chose qu'il n'a pas encore dit.

On a deux façons de comprendre ce segment : il fonctionne comme un préfixe énonciatif mais c'est aussi une phrase (et qui a donc une certaine autonomie). On donc là tout le problème du texte, à cause de la dépendance des segments.

  • je n'ai jamais pu la sentir: c'est le noyau. On récupère tous les éléments, le projet a été mené à bout.
  • je l'ai toujours trouvé triste: 2nd noyau, parallèle au premier.

Les deux noyaux ne sont pas reliés grammaticalement. Ce qui fait la continuité, se sont les objets sémantiques : il y a une cohérence parfaite.

Problème de la description : les préfixes portent sur les deux noyaux. Le rapport préfixe / noyau n'est pas exclusif.

  • avec ses bourbiers qui n'en finissent pas...: complément accessoire ou suffixe? Ici c'est un suffixe.
  • avec: peut être le lien intra-prédicatif ou un suffixe. C'est une préposition qui peut introduire des choses disjointes.
  • ses maisons...: avec coordonne les segments.

àOn a deux voire trois noyaux : on ne peut pas découper ce texte en phrase car les éléments se chevauchent.

C'est le problème théorique sur les rapports de phrase / texte. On a à ce sujet deux positions :

-          soit on dit que la phrase ne vaut rien, qu'elle n'existe pas. Cf. Berrendonner.

-          Soit on essaye de comprendre en gardant le concept de la phrase.

 

La phrase est le format d'échange dans la communication. Elle est à la fois dans la tête et dans le temps.

On a une construction mentale en temps réel du locuteur et du récepteur.

Quand on écrit des textes oraux, se sont des monstres à étudier.

 

La grammaire de la période : c'est décrire les unités. Il n'y a pas de définition vraiment plus précise.

Le point est un signe de ponctuation de période et non de phrase.

Une période est une unité textuelle, il n'y a pas de définition syntaxique.

 

En général, les préfixes sont rangés par ordre décroissant d'extériorité.

Adverbe relatif au dire ou au dit.

Cf. 3 p°10.

« Ici [c'est un adverbe presque nominal], c'est très humide. »

« Le bébé, quand il est dedans [construction topicale], il parle déjà. »

« Les gens, quand ils rient [construction topicale], ils ont pas honte de rire. »

« Des trucs comme ça [indéfini générique], y'en à partout. »

« Selon eux [énonciatif], chez leur père [cadratif général], quand c'était l'hiver, quand la neige tombait [cadratif temporel, le 2nd spécifie le 1er], les femmes, quand elles [topique] travaillaient [topique 2nd], des trucs comme ça [àpréfixe], elles aimaient pas du tout [noyau]. »

 

L'Ancien Français fonctionne sur le principe du verbe toujours en 2nd place : on a un 1er élément + verbe.

On n'a donc pas le problème du préfixe.

 

26/11/08

Correction pendant deux heures du partiel de semi-semestre. Cela permet d'avoir un bon résumé du cours.

Attention à :

1.      La présentation et l'orthographe.

2.      Souligner les termes en mention.

3.      Il faut avoir une argumentation équilibré, attention aux connecteurs logiques (donc, mais, cependant...).

 

Correction des questions de cours :

1.      La phrase canonique en français s'organise autour du verbe. On a en général un terme de départ ; une tête prédicative ; les compléments essentiels. On peut schématiser la phrase canonique ainsi :

Terme de départ // tête prédicative // complément essentiel 1 // complément essentiel 2.

2.      Les compléments accessoires sont par définition suppressibles. Ils peuvent être intra ou extra-prédicatifs. Ils ne sont pas appelés par la valence du verbe.

Pour les intra-prédicatifs, on peut avoir des groupes prépositionnels, des négations, des adverbes.

Les extra-prédicatifs, appelés périphériques, peuvent être des apostrophes, des adverbes, des cadres de narration, des planifications...

On parle de d'éléments suppressibles quand on peut les enlever tout en gardant une phrase grammaticalement correcte.

3.      Quand le verbe est conjugué à un temps composé, l'auxiliaire et le participe peuvent être séparés ou se suivre. Entre les deux, on peut placer des clitiques et des paraclitiques.

On peut avoir : les paraclitiques pré-forclusifs, les forclusifs, les post-forclusifs, et les clitiques.

Un exemple :

Il n'en a peut être pas toujours assez eu : Il (clitique sujet) n' (discordanciel) en (clitique) a (auxiliaire) peut être (post-forclusif) pas (forclusif) toujours (post-forclusif de tps) assez (post-forclusif de quantité) eu (participe).

 

4.      Les clitiques (= qui s'appuie sur) sont des éléments collés a verbe, souvent monosyllabiques, pré ou post-verbaux, sans intonation propre, et ont un ordre très particulier. Cf. liste dans le fascicule.

Au maximum, on a un sujet clitique + négation + deux clitiques accessoires.

5.      On peut avoir différentes motivations qui justifient le fonctionnement par masse croissante du français.

La motivation informative : on commence par ce que l'on connait et donc que l'on ne détaille pas trop, pour finir par ce qu'on connait le moins, et qu'on va détailler plus. En effet, plus on détaille, plus on utilise de mots, et plus les constituants sont longs.

La motivation de la relation plus ou moins proche des constituants avec le verbe. (Il faut expliquer plus longuement cette relation, cf. cours précédent).

 

Correction des analyses de phrases :

1.       En sortant, je passai par la salle de lecture. Position, nature, fonction.

 En sortant : préfixe, participe présent, circonstant de manière.

Je : clitique sujet, pronom personnel, sujet.

Passai : tête prédicative, verbe, verbe.

Par la salle de lecture : complément essentiel, groupe prépositionnel, complément de lieu / locatif.

2.      Mon regard parcourait vaguement le journal que je tenais encore.

Mon regard : terme de départ, groupe nominal, sujet.

Parcourais : tête prédicative, verbe, verbe.

Vaguement : accessoire, adverbe, complément circonstanciel de manière.

Le journal que je tenais encore : complément essentiel 1, groupe nominal, complément essentiel COD.

3.      Dans les débris de mon opulence se trouvait une somme assez forte...

Dans les débris de mon opulence : terme de départ.

Se : complément clitique.

Trouvait : tête prédicative.

Une somme assez forte... : complément essentiel 1.

4.      Que dirait le jeune homme de tout à l'heure.

Que : terme en q-u.

Dirait : tête prédicative.

Le jeune homme de tout à l'heure : complément essentiel sujet.

 

03/12/08

Cf. chapitre 5, fascicule p°12.

1) suffixe : périphérique de droite. Forme de parallélisme avec les préfixes.

Ordre : plus on s'éloigne du prédicat, plus l'information s'en éloigne aussi.

Attention ! C'est juste une tendance.

Cf. tableau p°13.

Problème : à la fin du noyau, on n'a pas de marque claire, contrairement au début. Il est donc difficile de savoir où finit le noyau et où commence le suffixe.

Préfixe // Noyau     Suffixe.

Problème aussi pour déterminer les prédicats seconds.

 

2) Les infixes : ils viennent couper le noyau : il y a plusieurs positions possibles.

On les reconnait grâce à des marques de détachement : éléments le plus souvent relatifs à l'énonciation. A chaque fois, il faut préciser dans quel intervalle il se place.

Cf. texte de Sylvie de Nerval : chapitre 1 Nuit perdue

Ligne 2 : « Quelques fois tout était plein, quelque fois tout était vide ». On a deux phrases. La notion de ponctuation se rattache à des périodes et non à des phrases, car on n'a pas les moyens linguistiques de les décrire.

Quelques fois : préfixe

Tout : terme de départ

Etait : tête prédicative.

Plein : complément essentiel 1.

 

« Indifférent au spectacle de la salle, celui du théâtre ne m'arrêtait guère,-excepté lorsqu'à la seconde ou la troisième scène d'un maussade chef-d'œuvre d'alors, une apparition bien connue illuminait l'espace vide, rendant la vie d'un souffle et d'un mot à ces vaines figures qui m'entouraient ».

Indifférent au spectacle de la salle, celui du théâtre ne m'arrêtait guère : une phrase.

(1) Indifférent au spectacle de la salle,=préfixe. Groupe adjectival, il devrait se rapporter au sujet.

(2) Celui du théâtre = Noyau. Celui = terme de départ. Celui du théâtre = sujet.

Ne = discordanciel.

M' = clitique.

Arrêtait = verbe. Tête prédicative.

Guère = forclusif.

Le rattachement se fait spontanément grâce à la représentation qu'on a à un moment du texte.

Fonction : prédicat second.

è Il y a une anomalie de syntaxe qu'on appréhende parfaitement.

(3) excepté lorsqu'à la seconde ou la troisième scène d'un maussade chef-d'œuvre d'alors, une apparition bien connue illuminait l'espace vide, rendant la vie d'un souffle et d'un mot à ces vaines figures qui m'entouraient = suffixe.

Phrase

 

Préfixe (1)                             Noyau(2)                         Suffixe (3)

                                                                                                           Phrase

 

Excepté [lorsqu'à la seconde ou la troisième scène d'un maussade chef-d'œuvre d'alors] = infixe

Une apparition bien connue=GN terme de départ

Illuminait = tête prédicative

L'espace vide = complément essentiel

Rendant la vie d'un souffle et d'un mot à ces vaines figures qui m'entouraient = prédicat second. Suffixe.

Fonctionnement par masse croissante.

 

« Elle avait pour moi toutes les perfections, elle répondait à tous mes enthousiasmes, à tous mes caprices, -belle comme le jour aux feux de la rampe qui l'éclairait d'en bas, pâle comme la nuit, quand la rampe baissée la laissait éclairée d'en haut sous les rayons du lustre et la montrait plus naturelle, brillant dans l'ombre de sa seule beauté, comme les heures divines qui se découpent, avec une étoile sur le front, sur les fonds bruns des fresques d'Herculanum. »

[[Pâle comme la nuit,]= groupe adjectival [quand la rampe baissée la laissait éclairée d'en haut sous les rayons du lustre et la montrait plus naturelle]= phrase]= prédication seconde.

[Brillant dans l'ombre de sa seule beauté, comme les heures divines qui se découpent, avec une étoile sur le front, sur les fonds bruns des fresques d'Herculanum.] = prédicat second.

àLa structure de phrase devient une structure de texte.

 

Cf. texte oral :

Il avait donc acheté deux trois, deux trois costards différents pour faire son boulot.

Il avait donc acheté = noyau.

Donc = position de paraclitique pré forclusif.

Pour faire son boulot = on peut discuter de son statut, cela dépend de l'intonation. Le plus simple est d'y voir un élément intra prédicatif.

Cet exemple illustre la complexité de la sortie du noyau.

Les paraclitiques : des accessoires intra prédicatif, ici le donc est en contradiction.

L'analyse sémantique y voit un périphérique énonciatif, et l'analyse de position un accessoire intra prédicatif.

 

Il avait une voiture de fonction. C'est une phrase classique.

Il était représentant, quoi. Le quoi est un suffixe.

Et donc (= préfixe) il m'a rendu mes thunes (= noyau), bon (= suffixe ou infixe), en l'espace de deux mois (= suite du noyau ou précision, suffixe 2).

Alors (= préfixe), tu parles (structure canonique de noyau mais c'est à la fois une phrase et un préfixe), il arrivait (= noyau) : il arrivait, costard cravate des fois le vendredi soir, il arrivait mon pote. Problème de rattachement sur la fin.

On n'a pas les marques du discours rapporté.

 

10/12/08

Comment faire fonctionner une analyse de phrase très courte sur une phrase très longue ?

Quelle est la différence entre une phrase simple et une phrase complexe ?

 

Phrase = prédication autonome.

Pour l'étoffer : on rajoute des compléments accessoires intra ou extra prédicatifs, en nombre illimité, ce qui augmente les possibilités. A cela on ajoute les coordinations et les subordinations.

La subordination : ce qui est placé en dessous, qui dépend de, qui se rattache à.

On à une tête à laquelle on rajoute des expansions, des adjectivations... on prend là le sens étymologique du terme.

LE       VOISIN

    BON              DU FERMIER, QUI A TOUJOURS...

           HEUREUX

TRES                    D'ETRE ICI.

Du point de vue des positions, nos deux exemples ne forment chacun qu'une seule position.

2nd sens de subordination : structure de phrase rattachée à une principale.

La structure de phrase peut être utilisée dans elle-même.

Qu'il ait gagné prouve qu'il était bien préparé.

       Phrase       prouve           phrase.

                         Phrase.

On a trois fois la structure de phrase.

constituant

fonction

catégorie

position

Qu'il ait gagné

sujet

Subordonnée complétive

Terme de départ

Prouve

verbe

Verbe

Tête prédicative

Qu'il était bien préparé.

COD

Subordonnée complétive

Complément essentiel post-verbal.

 

Relative :                  L'homme que je vois est beau.

 

Antécédent d'une relative.    COD de voir.            On est dans un GN.

 

Complétive : Qu'il ait gagné...

 

N'a pas de fonction, sert à introduire.

 

Constituant de la phrase

fonction

catégorie

position

Qu'

 

conjonction

Qu'.

il

Sujet

Pronom personnel

Sujet clitique

était

Verbe

verbe

Tête prédicative

le plus fort

attribut

GN ou G. adjectival

Complément essentiel 1

 

àIl faut préciser de quel constituant on parle.

 

On a trois familles de procédés pour utiliser la structure de phrase dans une phrase :

1.      On ne fait rien : Il m'a dit je suis d'accord.    Constituant objet.

Dans l'objet, on a une phrase enchâssée. La marque matérielle de l'enchâssement est absente. A l'écrit, par convention, on mettra deux points et des guillemets. Il n'y a pas d'outil syntaxique.

2.      Il dit que Gontran était d'accord. « que » est un outil syntaxique.

3.      Il affirme être d'accord. « être » est un infinitif. C'est une contraction de phrase, réduit à l'infinitive et on ne répète pas le sujet.

Dans les trois cas, c'est la fonction COD, position complément essentiel post-verbal.

 

Outil syntaxique : en « qu' » : quoi, qui, quel, comment, où, dont, auquel... (cf. l'étymologie de certains).

Les instruments de la subordination sont les éléments interrogatifs. Ceci à cause de leur caractère indéfini.

Pour les classer, on utilise un système d'équivalence :

G. nominal = complétive.

G. adjectival = relative.

G. adverbial = circonstancielle.

Pour les subordonnées interrogatives :

Il demande...comment faire / qui pourrait l'aider... Fonction COD, équivalent à des noms.

Je me demande

Dis-moi

Je voudrais savoir           qui est venu. Toujours la même fonction COD subordonnée.

Je ne sais pas

Je sais

La situation est confuse.

Réponse dogmatique : 5 fois subordonnée interrogative. Elles sont plus nombreuses que les interrogatives indirectes.

Attention à ne pas mélanger la valeur de la phrase et le genre de la subordonnée.

 

Les locutions conjonctives : elles contiennent toujours un terme en « qu' » et sont analysables.

Le seul qui n'est pas de la famille Qu' dans les subordonnants : si.

Les participes et les infinitifs (souvent avec les verbes de position) n'occupent qu'une seule position :

 Le soir tombe, nous rentrons. J'entends les oiseaux chanter.

 

 La coordination : deux éléments égaux. Ils sont difficiles à traité en traitement automatique.

Comment marquer cette relation ?

1.      Côte à côte = juxtaposition.

2.      Avec des marqueurs comme et.

Exemple : Gontran, Arwen et Padmé. On a la coordination de trois termes.

La relation entre ses éléments est complexe.

Cf. texte de Nerval. Fascicule p°17.

 

17/12/08

La perspective linéaire de l'étude des phrases doit s'appliquer à tout.

On peut étudier différents groupes :

1.      Groupe prépositionnel : préposition + complément de la préposition.

2.      Groupe adjectival : (adverbe) + adjectif + complément de l'adjectif.

                                   (Très)     heureux     de vous voir ici.

                                                                                                                Gp. Prépositionnel = prép. +Gp. Infinitival.

3.      Groupe infinitival : clitique (vous) + infinitif (voir) + complément (ici).

On a donc quelques modifications par rapport à l'analyse d'un noyau en ce qui concerne l'environnement immédiat de l'infinitif.

4.      Mais le groupe le plus intéressant est celui avec un nom :

Soit on a un nom seul, par exemple un nom propre. Il n'a pas besoin de déterminant car il se détermine tout seul.

Le schéma de base d'un groupe nominal :

Déterminant

Modifieur gauche

Tête nominale

Modifieur droit

Tous les

 

frères

 

Ces quelques

 

livres

 

une

belle

maison

 

 

En général, les modifieurs gauches sont les adjectifs les plus fréquents, les plus courts, les plus généraux : beau, vieux, bon, jeune... il y a une contrainte sur cette liste.

 

Sinon on a une stratégie de choix : à droite ou à gauche de la tête nominale.

Le même adjectif peut avoir deux sens différents suivant sa place :

  • La façon d'être la chose: un vrai discours.
  • La façon d'être de la chose: un discours vrai.

 

P°18 du fascicule :

Quand on a plusieurs compléments, on a un système d'encastrement :

 [La construction [de la maison neuve [de mon frère]]].

Parfois, ce schéma banal ne fonctionne pas :

La cour d'appel de Paris. Les deux termes référent à la tête nominale cour.

 

Si on reprend le modèle d'analyse du noyau, on peut établir des équivalences :

  • Complément essentiel: le déterminant.
  • Complément accessoire: les modifieurs.
  • Compléments phrastiques: les subordonnées, les groupes prépositionnels...

 

P°19 du fascicule : analyse de phrases :

Dét.

Modif. gauche

Tête nominale

Modif. droit

Cplt du nom

Prédicat 2nd

Modif. en Qu'.

Le

seul

truc

 

 

 

que je pouvais faire.

Un

petit

billet

 

 

 

que je veux laisser tomber à ses pieds.

Une

 

salle

animée

 

couronnée à tous ses étages de toilettes fleuries.

 

Ces

vaines

figures

 

 

 

qui m'entouraient.

Les

 

Heures

divines

 

 

qui se découpent...

Les

 

fonds

bruns

des fresques d'Herculanum

 

 

Le

 

miroir

magique

 

 

qui me renvoyait son image

La

 

torche

 

des dieux souterrains

 

qui éclaire l'ombre un instant

La

 

statue

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