L'Antiquité fantasmée - cours de Mms Girond - 3ème année de licence

L'Antiquité fantasmée.

TD21. Mme Girond.

 

02/10/08

Sous l'Empire, pour lire, il faut deux mains et un esclave. Et cela dès l'époque républicaine, car il faut manipuler un support (on parle de littérature).

Les textes sont écrits sur des papyrus (plantes aquatiques). On utilise les tiges des plantes, qu'on coupe en fines lamelles. On les met côte à côte, et par-dessus dans l'autre sens. Il presse très fort. Il en ressort une colle naturelle qui soude le tout. On laisse sécher. On en colle plusieurs les uns à la suite des autres. On prend des baguettes (de bois ou d'ivoire), et on enroule de chaque côté, sur les baguettes.

Pour lire, on enroule d'un côté et on déroule de l'autre. On appelle cela un volumen.

L'ancêtre du livre n'apparait qu'au 4ème siècle et on appelle cela un codex. Il est fait de parchemins, est plus solide et plus maniable.

Le papyrus est cher, fragile, précieux et appartient aux gens de pouvoirs.

Cela a des conséquences pour l'auteur et le lecteur. Comme c'est cher et limité en surface, on cherche à faire le maximum d'économie :

  • On écrit petit et serré.
  • On écrit avec des abréviations.
  • On écrit sans ponctuation.
  • On ne laisse pas d'espace entre les mots.

Ex s'il fallait lire un texte de Marc Aurèle (Pensée, chap. 5)

« leschosesnontparellesmêmespaslemoindrecontactaveclâmeellesnontpasaccèsdanslâmeellesnepeuventnilamodifiernilamettreenmouvementellesemodifieellesemetenmouvementseuleetparelleseule » Pour nous, c'est illisible et incompréhensible.

Pour cette raison, il fallait passer par l'oralité : l'esclave lit sans comprendre et le lecteur / auditeur se laisse emporter par la voix pour comprendre.

En latin, la poésie dépend de la longueur des syllabes. C'est aussi vrai en littérature. La relation au livre est très différente de celle qu'on connait. Il n'y a pas de lecture intime, solitaire avec le texte. Il n'y a pas non plus de prise de note.

Tout le monde sait lire à Rome : citoyens, esclaves...

Etre esclave est une question de statu : ils sont parfois plus intelligents et cultivés que les maitres. Ils sont pédagogues, médecins... Parfois ils sont copistes ou lecteurs professionnels.

Les Anciens étaient formés à la prise de parole. L'oralité est un passage naturel.

Les auteurs dictent puis font des relectures pour les corrections.

On fait des lectures privées, des lectures publiques (dans les thermes, dans les bâtiments publiques, dans les écoles), dans des lieux anecdotiques (les graffitis plus ou moins élégants, souvent injurieux).

Dès le début de l'Empire, les ateliers de copistes sont de véritables bibliothèques ainsi que des maisons d'édition.

Ce qui nous en reste aujourd'hui est tributaire de ce matériau fragile qu'est le papyrus.

La reproduction des textes de fait aussi par la dictée.

Comment expliquer la grande déperdition de ces textes ?

  • Incendies.
  • Pillages.
  • Le temps qui les rend friables.
  • Les copistes qui font des fautes, des oublies, des lapsus.
  • L'évolution des langues.
  • La censure qui apparait quand les copistes deviennent des moines catholiques, qui refusent les textes païens.
  • Le désintérêt pour un texte.
  • L'humidité.
  • Les rats.
  • Les palimpsestes: on écrit par-dessus certains textes.
  • La difficulté qu'on a à les manipuler. Cf. Herculanum où l'on a retrouvé une bibliothèque dans la boue durcie, avec les papyrus conservés dans des gaines de cuir.

Au début du 20ème siècle, Mr Wert, amateur d'antiquité, à répertorié 772 auteurs latins dont 276 dont on a qu'un nom ; 352 dont on ne connait que des fragments et 144 qui on laissé une ou plusieurs œuvres.

à Ce qu'on sait de la littérature latine est donc très limité.

C'est comme si dans vingt siècle, il ne restait de la littérature française que :

  • Le nom de Chrétien de Troyes. Un vers de Louise Labé.
  • Quelques poèmes de Ronsard, une ligne de Rabelais mais rien sur Du Bellay.
  • Les pièces de Molière, rien sur Racine.
  • Rien sur Voltaire. Le nom de Beaumarchais. Un tome de l'Encyclopédie.
  • Rien sur Balzac, la moitié du Rouge et Noir de Stendhal. Vingt poèmes de Victor Hugo.
  • Toute la collection Arlequins et le nom de Houellebecq.

Notre connaissance sur la vie des romains vient à 80% de Pompéi. C'est-à-dire des gens figés lors d'une seule matinée.

Il faut donc faire très attention et avoir un esprit critique sur la littérature, la mentalité et la vie latine au quotidien.

On peut certes faire des conclusions, mais il faut savoir rester humble.

Attention aussi au fait que notre sensibilité est très différente de la leur.

Il suffit d'observer le rapport à l'enfant, à l'esclavage, à la mort...

On ne voit pas le monde de la même façon.

07/10/08

Les religions dans l'antiquité.

Pour décrire la religion romaine :

  • Pragmatisme.
  • Superstition.
  • Rites.
  • Conservatisme.

Pour décrire la religion de nos jours :

  • Dieu unique.
  • Foi (question intime).
  • Spiritualité (mystique).

Dans l'antiquité, ces notions de foi et autres n'ont aucun sens. Les romains sont confrontés à ce type de relation aux dieux car ils vivent avec et près du judaïsme. Ils s'approchent de plus en plus de ce comportement religieux où on trouve ces notions encore étranges.

La notion de religion (du latin religio), pour un romain, concerne la manière d'honorer les dieux, c'est une question de pragmatisme.

Pratiquer une religion est de l'ordre de l'acte. (cf. les témoignages, qui commencent au 3ème siècle av JC). Il faut, pour comprendre cela, passer par la religion étrusque.

Le conservatisme : les fondements ne bougent presque pas, car on a peur que le moindre changement provoque la colère et la vengeance des dieux.

Il y a donc une superstition très forte, sur le principe du on ne sait jamais.

On est face à un univers et des phénomènes qu'on ne comprend pas. Il faut donc accomplir des rites, mais cela n'a rien de spirituel.

Les dieux sont représentés, le plus souvent par des statues.

Qu'est ce que la dévotion (= la sanctitas) ? D'après l'ouvrage de Cicéron De natura deorum (livre 1 § 116), c'est la science des égards due aux dieux. Il s'agit de respecter le code de procédure.

On trouve d'autres témoignages : De legibus et De divinatione de Cicéron ; Les Fastes d'Ovide.

Pratiquer une religion, c'est accomplir les bons rites, dire les bonnes prières, faire les bons sacrifices selon des règles très précises.

Il y a des divinités pour chaque lieu, chaque moment, chaque événement, chaque personne...

Pour suivre sans erreur le ritualisme rigoureux, il existe des contrôleurs qui vérifient qu'on ne fait pas de bêtises.

On a peur.

Le code religieux est une sorte de cote pontifical [le grand pontife était le religieux le plus gradé chez les romains ; on a gardé beaucoup de terme de cette époque]. On fait une sorte de contrat avec les dieux : si je fais la bonne prière au bon moment au bon endroit, alors le Dieu exauce mes prières. Je donne pour que tu donnes.

Si on fait tout correctement, normalement, ça marche. Sinon, c'est qu'on a fait une erreur ou une bêtise.

Notion de piété (= pietas) : c'est le fait de bien honorer les ancêtres (très important !), les dieux et la patrie.

Au droit des hommes (ius) correspond un code des lois divines (fas). Ce qui n'est pas permis est nefas (= néfaste).

Comment peut on savoir ce qui est permis ou pas ?

On a des signes : les oiseaux, les augures, les auspices...

On regarde beaucoup les entrailles des animaux (poulets sacrés, etc.), surtout le foie (qu'on croit être le siège des sentiments car il est à droite (on accorde aucune importance au cerveau, qu'on ne connait absolument pas).

Ceux qui savent lire ses signes sont les haruspex.

On a aussi les signes de la nature : tempêtes, tremblement de terre, épidémie...

Cela signifie que la société avait une faute à expier.

On a aussi des prodigium (= des prodiges) dont on a des témoignages : des éclipses, trois soleils et deux lunes, une pluie de lait ou de sang, des loups en ville, un bœuf sur un toit, une statue qui pleure, un animal qui parle, un hermaphrodite, un enfant malformé, enfant à tête d'éléphant, des triplé, un porc à tête humaine...

àOn est dans la recherche de l'efficace.

L'augure trace un rectangle dans le ciel pour observer ce qui s'y passe. Puis il le projette sur le sol. Peu à peu, on y construit une maison, un toit, des murs... cet espace, à la base dans le ciel, s'appelle le templum. Les murs faits, au départ, en tronc d'arbre, deviennent peu à peu des colonnes de marbre. Le templum devient la maison des dieux.

Dans le temple, on trouve le naos : c'est l'espace le plus sacré, auquel on accès les prêtres, les rois, etc. mais jamais le peuple. Les fidèles restent dehors, là où à lieu le sacrifice.

Contemplor = contempler = regarder attentivement, dans un but religieux.

Anecdote marrante : Claudius Marcellus ne sortait de chez lui qu'en litière fermée car il en avait assez de voir des signes partout.

On peut décider de ne pas voir les signes ou d'en discuter l'interprétation.

Si on fait une erreur dans le rituel, on recommence tout à zéro, on a le temps.

Faire un sacrifice, pour les très grande occasions, c'est tuer un bœuf, parfois des tourterelles... mais le plus souvent c'est brûler un peu d'encens.

Quand il y a une grosse catastrophe, on tue des bœufs et on fait un banquet des dieux, avec les statues, qui se nourrissent des fumets de la nourriture. Les bons morceaux vont ensuite aux prêtres, et le peuple garde les restes.

Au début, les étrusques n'avaient que des images des dieux.

Les prêtres sont élus par le peuple, comme les magistrats.

 

De plus, quand on va faire la guerre, on tue un maximum de personne, on fait des esclaves, on rase les villes mais pas les temples. On prend les dieux étrangers et on les mets au Panthéon.

Ainsi, on ne se met pas les dieux inconnus à dos et ils seront redevables. àJamais il n'y a eu de guerres de religions et les romains n'ont jamais imposé les dieux (ils ne sont ni fondamentaliste ni intégriste).

Avec le christianisme, les romains n'étaient pas opposés. Les persécutions visaient surtout les troubles de l'ordre public. Il n'y a pas de problème racial ni d'antisémitisme.

Au contraire, on accueille les dieux étrangers (comme le culte de Cybèle qui vient d'Asie Mineure). Cette ouverture vient des guerres, du commerce, de la mondialisation et des femmes (qui importent par exemple le culte d'Isis).

A la fin du 1er siècle av JC, ces pratiques ne seront plus suffisantes pour répondre aux questions des romains, aux questions métaphysiques, sur le sens de la vie, la philosophie...

C'est la raison pour laquelle on se tourne vers d'autres religions et d'autres civilisations, notamment vers les sectes orientalistes qui vont apporter de nouvelles réponses, en particulier sur la mort et la renaissance. 

On ne peut comprendre le succès et la transformation du christianisme sans comprendre celui des romains, des égyptiens, des iraniens, des orientaux...

 

Devoir à rendre : choisir un mythe, une figure, un élément, quelque chose issu de l'Antiquité gréco-latine, égyptienne, biblique, orientale... et voir son utilisation dans le monde contemporain. Il faut choisir son propre domaine (la musique, la cuisine, le sport, la pub...).

16/10/08

Les sectes venues d'Orient cohabitait avec les religions romaines.

L'Orient commence en Grèce, avec le culte lié à la ville d'Éleusis (près d'Athènes), où l'on s'adonnait aux mystères (myst = initiation). Ce culte nécessite une révélation, une pratique et un temps. Il remonte à l'époque mycénienne (15-16ème siècle av JC). Il s'est fixé en Attique (13-14ème siècle av JC) puis à l'âge classique (5ème siècle av JC), le culte connait un grand succès.

Il est lié à Déméter (Cérès), la mère de Perséphone.

Résumé rapide du mythe (allez lire les Métamorphoses d'Ovide^^) :

Hadès enlève Perséphone en Enfers. Sa mère la cherche partout, et de désespoir, elle arrête de se nourrir pendant 9 jours. Elle s'arrête à Eleusis où le roi Céléos lui offre l'hospitalité. Devant l'accueil chaleureux qu'on lui fait, elle décide de rompre son jeûne, et devient la nourrice du jeune prince Triptolème. Hélios, le soleil qui a tout vu, lui dénonce Hadès. Pour la suite du mythe que j'ai la flemme de recopier entièrement : http://mythesfondateurs.perso.cegetel.net/D%E9m%E9ter%20et%20Pers%E9phone.htm

N'oubliez pas qu'il en existe différentes versions !

Enfin bref, c'est un moyen pour les Grecs d'expliquer le phénomène des saisons.

De plus, Déméter fait don du grain de blé à Triptolème qui a pour mission de le donner à toute l'humanité. On a là l'origine mythologique de l'agriculture.

La déesse va instituer dans cette ville ses mystères, qui vont s'inscrire dans le calendrier agraire, à l'équinoxe de printemps. On a à la fois des cérémonies publiques et des initiations secrètes (dont on sait peut de chose, sauf qu'il y avait des jeûnes et des processions).

Au début, ce culte ne concerne que les hommes et les femmes d'Athènes, puis il s'est étendu aux autres grecs puis aux romains, au moment des conquêtes romaines.

On commence à être dans le symbolique, à avoir des notions de l'ordre de la renaissance, on est dans le cycle de quelque chose.

 

Le culte d'Egypte : Isis, le culte féminin.

C'est un culte ancien, de l'époque pharaonique, issus de la cosmogonie égyptienne.

Isis appartient à une fratrie : Isis et Nephtys, Osiris et Seth. Isis et Osiris sont époux et Nephtys et Seth sont époux.

Ce mariage explique que le souverain d'Egypte doit épouser sa sœur (en plus de nombreuses autres femmes pour avoir une descendance nombreuse !). Le sang royal est transmis par les femmes.

 

La symbolique (pour avoir des images, faites une recherche internet, ça se trouve facilement) :

Isis = une chaise. Nephtys = une corbeille. Osiris = il a la peau verte (symbole de la pourriture de la mort et de la vie dans la nature) + la couronne de haute et de basse Egypte.

Souvent on a des symboles à double sens, comme le serpent : sa piqure est mortelle mais elle brûle comme le soleil. Or le soleil, même s'il brûle, il permet aussi les cultures et donc la vie.

Horus = soit on le représente simplement en homme avec son cartouche ; ou bien un corps d'homme à tête de faucon ; ou bien un faucon. Le faucon est rapide, il est haut dans le ciel et souvent devant le soleil : on l'associe donc aussi à la divinité solaire.

Seth = tête d'âne et souvent un corps hybride.

Osiris = c'est l'allégorie du cycle de la nature, de la vie, qui passe par la mort.

Attention : la représentation des dieux à tête d'animaux est purement symbolique, et issus de la tradition. En effet, avant la réunification d'Egypte, chaque tribu avait un animal totem qu'elle vénérait. C'est ce qui peut expliquer les représentations zoomorphes.

 

Isis et Osiris règnent pendant l'âge d'or. Osiris est un roi très aimé, ce qui provoque la jalousie de Seth. On a ensuite plusieurs versions, dont voici un résumé :

Seth, jaloux de son frère, cherche un moyen de le tuer. Pour cela il organise un banquet où il y a des jeux. Il fait construire en secret un sarcophage aux mensurations exactes d'Osiris, puis propose le jeu suivant : que chacun entre dans le sarcophage et que celui qui y rentre le mieux gagne. Evidemment, Osiris gagne, le sarcophage est fermé, Osiris meurt et le sarcophage est jeté dans le Nil.

Isis part à sa recherche.

Le sarcophage, entrainé par les eaux du Nil, arrive sur les rivages du Liban, où il se coince entre les racines d'un cèdre. Un arbre fini par pousser dessus. Le roi du pays coupe l'arbre pour en faire une colonne de son palais.

Isis, qui le retrouve, s'infiltre dans le palais et se passer pour la nourrice du Prince. Cependant, on découvre sa nature divine quand elle allaite l'enfant avec son doigt et non avec son sein. Le roi, découvrant sa divinité, accepte qu'elle récupère le sarcophage.

Mais Seth a découpé le corps en morceaux (7, 14 ou 42). Le nombre de morceaux correspond au nombre de province, de région ou ne nome (= sous préfecture) qu'il y a en Egypte. Chacun vénère ainsi une partie du corps du Dieu.

Isis rassemble les morceaux et reconstitue le corps. Il ne lui manque que la partie virile de son mari, dévoré par un poisson du Nil. Elle utilise des bandelettes de lin blanc pour reconstituer son époux (ces bandelettes servaient à fabriquer les voiles des bateaux qui naviguent sur le Nil).

C'est de là que vient la tradition des momifications : il s'agit de faire comme Isis.

Isis se transforme ensuite en oiseau, elle se pose sur le corps d'Osiris et réussi à se faire féconder (alors qu'il n'a plus d'attributs virils !).

Elle donne ensuite naissance à Horus.

Ensuite, Isis se cache avec Horus dans les marais, pour échapper à Seth.

Quand Horus devient adulte, commence alors un nouveau cycle de lutte entre le bien (= Horus) et le mal (= Seth).

Lors d'un combat, Seth va faire tomber un œil d'Horus sur la Terre, et il va exploser en mille morceaux. Isis va réussir à le reconstituer et à le remettre en place.

Horus à donc un œil bon, lumineux et un mauvais œil, opaque : c'est ce qui peut expliquer à la fois la superstition du mauvais œil en Afrique du Nord, ainsi que l'existence de la Lune et le Soleil dans le ciel.

 

Le culte d'Isis est très populaire, puis il est exporté à Rome, notamment par les marins et les marchands.

Dès -62, on trouve la trace de temples dédiés à son culte, comme à Pompéi par exemple. (cf. texte de Nerval).

A Rome, le succès se fait surtout auprès des femmes, puis il devient tellement populaire qu'il inquiète les autorités. A cette époque, l'Egypte est très à la mode (décoration, architecture, etc.), notamment avec l'alliance Cléopâtre / César / Marc-Antoine. Quand Octave bat les amants à Antium, il tente de réduire l'importance de ce culte. Mais les femmes aristocrates vont résister, s'émanciper, s'affirmer.

Caligula sera le premier empereur à finalement devenir lui-même un fidèle d'Isis.

Les prêtres d'Isis sortent alors de la clandestinité, et le culte continu de se développer.

Ils portent des tuniques de lin blanc, le crane rasé, et organisent des cérémonies. Il y a aussi des rituels de purifications, d'abstinences, de pénitences, d'ablutions, d'ouverture et de fermeture des temples, des statuts d'Isis...

On se moque aussi de ces femmes dévotes. Cf. textes de Juvénal, satire 6 : « En plein hiver, la dame sortira à l'aube, fera briser la glace sur le Tibre pour se plonger dans le fleuve trois fois ; elle a beau détester cette eau, elle aura toute la tête dans le courant ; puis nue et frissonnante, elle traversera tout le champ de Tarquin le superbe en se traînant sur ses genoux qui seront en sang. Si la blanche Io l'ordonne, elle ira jusqu'au fond de l'Égypte, elle en rapportera de l'eau puisée près de la torride Méroé pour faire une aspersion au temple d'Isis, près de la vieille bergerie : elle croit avoir entendu la voix même de la déesse. Voilà l'âme et l'esprit des privilégiés qui ont avec les dieux des entretiens nocturnes ! ». Cela permet de noter l'intérêt que l'on portait à un culte qui n'était pas originaire de la tradition romaine.

 

Quand la religion chrétienne aura tout supplanté, le culte d'Isis disparaitra, mais il nous reste tout de même beaucoup de traces archéologiques comme des temples. Le culte était donc très suivi, très diffusé, surtout par les femmes.

De plus, d'une certaine manière, il possède en lui les prémisses du culte de Marie chez les chrétiens.

On note différentes similitudes : la fécondation mystique, archétype de la représentation de la mère avec l'enfant, le fait qu'Isis était parfois représenter comme noire de peau, détail qu'on retrouve dans le centre et le sud de la France avec le culte de la Vierge Noire. Il y a donc une forme de réminiscence.

 

Petit à petit, on va s'intéresser chez les romains à des questions de plus en plus mystiques, et donc se tourner vers de nouveaux cultes, d'un genre plus symboliques, qui met en scène le passage par la mort symbolique permettant la renaissance.

22/10/08

Cf. les ouvrages de Robert Turcan sur les religions orientales.

Le culte de Cybèle : c'est un archétype de la déesse mère.

205 av JC, pendant les guerres puniques (= contre Carthage, lieu riche et intellectuel de Tunisie, le cauchemar des romains pendant deux siècles), on assiste à un prodige : une pluie de pierre. Donc on consulte les livres sibyllins à Cumes (au sud de Naples) où on lit : « Quand l'ennemi de race étrangère aura porté la guerre sur le sol italien, pour le chasser et le vaincre il faudra d'abord amener à Pessinonte la mère idéenne. » c.à.d. la grande Cybèle sur le mont Ida (où vécu Pâris, en Asie Mineure).

Sur place, elle est symbolisée par une pierre noire sacrée (= le bétyle). Le sénat envoie donc une délégation chercher cette pierre chez Attale 1er et le 4 avril -204 le bétyle arrive par la mer à Ostie. On la met alors sur le mont Palatin, ce qui est un acte unique en son genre : habituellement on mettait les divinités étrangères au Panthéon, et non pas sur la colline originel de Rome. Ceci montre bien l'importance de l'événement.

 

On a plusieurs descriptions du mythe / récits.

1) Cybèle serait un dieu hermaphrodite, pétrogène (= né d'une pierre), qui fut fécondé par Zeus. De cette fécondation est né Agditis, que les dieux auraient castré à cause de sa force, et il deviendrait ainsi Cybèle (c.à.d. une femme).

2) Cybèle, une déesse mère, serait amoureuse du jeune et beau Attis (qu'on aurait retrouvé enfant abandonné dans les roseaux, comme Moïse, Rémus et Romulus...). Mais c'est entre eux un amour platonique. Attis pourrait devenir le gardien du temple de Cybèle s'il reste totalement vierge. Cependant, il aime une nymphe, ce qui provoque la jalousie et la terrible colère de Cybèle. Elle provoque la folie d'Attis, qui s'auto-émascule et meurt. Cybèle le transforme en pin couronné de violette. Ainsi il pourra renaître chaque année.

Ce culte de Cybèle et cette figure d'Attis sont très liés au cycle des dieux qui souffre (= la patio = la passion).

En -191, il y a la première inauguration d'un temple qui lui est dédié. Il y a des fêtes annuelles, avec des jours de deuil en l'honneur d'Attis et des jours qui fêtent sa résurrection : les hilarias (qui donneront le mot hilare).

Les fêtes durent plusieurs jours :

Le 15 mars : le jour des cannophores (= les porteurs de roseaux).

Le 22 mars : le jour des dendrophores (les porteurs de l'arbre) : des hommes portent des pins entourés de bandelettes.

Le 24 mars : le jour du sang. Les prêtres (les galles) font une danse rituelle avec des percussions, des mutilations, des flagellations, et ils s'auto-émasculent. On suppose, grâce à des fouilles archéologiques, qu'ils prenaient des plantes hallucinogènes. Ils étaient aussi d'une chasteté absolue.

Ces prêtres portaient des robes couleur safran, une ceinture large (habituellement réservé aux femmes chez les romains), les cheveux longs et décolorés retenus par une résille, un bonnet phrygien, des colliers, les yeux maquillés. Ce comportement et cette façon de s'habiller choquent profondément les romains qui méprises ces prêtres.

Le 25 mars : le jour de la résurrection d'Attis.

Le 27 mars : le jour de la procession. La statue de Cybèle est sortie du temple et baignée dans l'Almo (fleuve près de Rome). La statue est purifiée puis raccompagnée sur le mont Palatin.

Le 28 mars : le jour des initiations individuelles. Après une période de jeûne, ils sont sanctifiés par le sang d'un taureau. Ils devraient offrir leurs organes, mais ils donnent celui d'un taureau.

Ces fêtes ont lieu au moment de l'équinoxe de printemps.

Au début, ce sont des rites semi-clandestins.

Auguste, au début, était peu favorable à ce culte, puis il la toléré car il faisait de la concurrence au christianisme montant et il est utile à ceux qui veulent se rapprocher d'un culte oriental.

Sous les antoniens, Attis a un culte publique (vs le christianisme).

L'empereur Trajan (voilà un lien pour connaitre la généalogie de sa famille : http://www.empereurs-romains.net/emp19gen.htm ) : sous son règne on signale la cérémonie de l'égorgement du taureau = le torobole. Le culte est rendu public.

Le culte de Cybèle s'est étendu dans tout l'empire romain. On en trouve des traces en Germanie, en Hispanie et en Gaulle (cf. le Gers où on a des autels). En -392, l'édit de Théodose met fin à ses pratiques (ainsi qu'a tous les cultes païens).

 

Le culte de Mithra : c'est un dieu solaire perse indo-iranien. Son nom signifie le contrat. C'est un jeune homme en tunique courte et un bonnet phrygien, souvent représenté en train d'égorger un taureau. Il est lui aussi pétrogène et il est né dans une caverne (symbolique du ventre maternel) au 14ème siècle av JC.

On connait sa date de naissance exacte : le jour où le soleil renaît, c.à.d. le 25 décembre -14 siècle.

Pourquoi cette coïncidence avec la naissance du Christ ? Quand on a fixé le calendrier chrétien, et donc la date de noël, c'était un acte politique : il fallait donc des dates qui fassent sens. Or le culte de Mithra a eu beaucoup de succès.

30/10/08

La fête de Mithra c'est la fête du soleil invaincu, le sol invictus.

 (Rappeur en Octobre 2001, Akhenaton (souverain, roi de l'antiquité égyptienne) sort un album intitulé sol invictus, ceci est donc lié au culte de Mithra).

Le culte de Mithra est lié au culte oriental d'une autre divinité, c'est le principe du bien contre le mal (on retrouve cela dans la civilisation des Mèdes). Le bien, principe de l'énergie et le mal celui de Ahriman. Il y a une victoire du bien contre le mal donc le résultat d'une prospérité, c'est Ahura Mazda.

 

Ce culte va par la suite jusqu'à Rome, dès le 2nd siècle avant JC (vient d'Iran, de l'Inde, arrive en Perse et va jusqu'à Rome). Mithra, dieu pétrogène et selon certaine vision du culte, il est engendré par Mazda, un culte pratiqué à Rome, surtout par les hommes (surtout des militaires), culte de l'amitié virile.

Ce culte se fait dans mithrihom. Il s'agit d'une maison avec une pièce unique, dans la longueur, baguettes bordées sur chaque côté. Une maison dont le toit est voûtée pour rappeler la caverne primordiale où Mithra est né.

  Au centre de cette pièce, on creuse une fosse au fond de la pièce il y a un décor : jeune homme avec une tunique grecque, cap, un bonnet phrygien en train d'égorger un taureau (= tauroctone), le sang coule sur le sol, et ce sang nourrit la vie animale et végétale ; c'est un sacrifice nécessaire. Cette vision animale est représentée par un chien, un serpent et un lion. La terre fécondée donne la naissance à la végétation, représentée par des épis de blé surgissant de la queue du taureau.

  Ces trois animaux lèchent le sang animal pour s'en nourrir, et pourtant ce qui se passe dans la nature n'est pas simple, un autre animal va empoisonner la terre : un scorpion qui pince les parties génitales du taureau.

(Astrologie : scorpionàautomne et taureauàle printemps donc deux signes opposés dans le calendrier.)

De chaque côté de la scène, deux personnages (= coutes) qui sont des dadophores qui portent des torches. L'un de ces coutes porte une torche levée ; l'autre une torche baissée ; allégorie du soleil levant, soleil couchant donc à la fois cycle du soleil dans la journée et cycle du soleil pendant toute l'année et le cycle aussi de la naissance de la vie de Mithra. Plusieurs MITREHOM « et tu nous a sauvé en répandant le sang éternel »

 

Le culte de Mithra est également un culte initiatique. En effet, le futur initié (l'homme) est allongé dans la fosse creusé au milieu de la pièce et au- dessus de lui, on égorge le taureau, il est ainsi donc aspergé de sang donc prémisse du baptême.

Présence du taureau en Egypte, en Grèce. Taureaux souvent le symbole solaire.

Pourquoi ce culte sanglant ? Rouge, couleur du soleil couchant pour renaître demain.

Il y a 7 niveaux d'initiation sous la tutelle de différents dieux : (dans l'antiquité, le chiffre 7 est symbolique)

1-      Le corbeau sous la tutelle de Mercure à initiés au 1er niveau, vont servir les convives qui vont se réunir lors d'un culte. (On le reconnaît au moyen de son masque à l'effigie du niveau d'initiation)

2-      Fiancé ou époux sous la tutelle de Vénusà il va éclairer les convives.

3-      Soldat sous la tutelle de MarsàIl officie dans le rite de la couronne offerte à la pointe du glaive marqué au front (le professeur ne comprend pas le sens de la phrase)

4-      Le lion sous la tutelle de Jupiteràgestion du feu, on le purifie en lui versant du miel sur les mains. 

5-      Le perse sous la tutelle de la Luneàgardien des fruits.

6-      Le coureur de soleil sous la tutelle du Soleilàplacé à côté du père (Héliodrome)

7-      Degré suprême du père sous la tutelle de Saturneàreprésente Mithra à Rome, c'est la fête saturnales

 

Ces cultes, on parle de liturgies où l'on se réunissait pour partager un repas en commun souvent le soir, en particulier le dimanche (car jour du soleil sunday), on y partage du pain et de l'eau ou bien du vin (substitut du sang animal).

 

A l'époque, pour ce culte il n'y avait pas de clergés, ce sont les initiés eux- même qui jouaient de ce rôle. Ce n'est pas un culte public (par représentant cité pour la cité) mais privé. On forme des petits groupes, ils se connaissaient entre eux par des signes, des symboles et des engagements à ne pas répéter.

Ce culte de Mithra donne lieu à plusieurs choses, on l'associe à différentes choses. Par exemple, en Gaulle, Mithra est associé à Hermès.

Petit à petit, l'empereur initié, il suffit de peu pour que le culte devienne une religion officielle. L'empereur Aurélien élève un temple « le soleil invaincu car le soleil qui disparaît » comme tout culte païen, il va disparaître au début du 5ème siècle car le christianisme, religion officielle, les cultes païens fermés et interdits.

 

Le judaïsme :

Existe une communauté juive modeste de la diaspora à Rome. La diaspora, partie du peuple juif hors Palestine.

La notion d'antisémitisme n'a aucun sens à Rome, le racisme non plus.

En 139ème avant JC, les juifs sont bannis de Rome car ils sont un trouble d'ordre public. En 44, la connaissance de l'édit de Jules César avec un édit où figurent des accords pour les juifs concernant les spécificités du shabbat (7ème jour on se repose). Pour les romains, il est difficile à comprendre donc l'édit permet aux juifs d'avoir un aménagement de la vie de la cité. A Rome, les gens pauvres pouvaient aller chercher des paniers repas ANNONE, gratuit par la cité donc les juifs qui ne pouvaient rien faire le 7 ème jour, avaient le droit de prendre deux paniers la veille.

 

Il n'y a pas eu cours le 13/11/08 professeur absente.

20/11/08

[L'histoire du symbole :@. En latin : ad = jusqu'à, vers, chez...

On le trouve en comptabilité, en latin médiéval, puis petit à petit avec les écritures cursives, le ad devient @.

Au 19ème, en comptabilité, on le trouve déjà sur les vieilles machines à écrire, puis sur les claviers d'ordinateurs.

Aux Etats-Unis, dans les documents commerciaux, il signifie : x objet @ y prix. 5 stylos à 30€ chacun. 1970 c'est le début d'internet et des mails : il désigne dans les adresses mail : telle personne chez tel fournisseur d'accès. ]

(Suite sur le judaïsme)

Ier siècle av JC, les juifs se font exclure de Rome pour trouble de l'ordre public (et jamais par antisémitisme).

Les romains ont un sentiment ambigu vis-à-vis des juifs car ils ont des difficultés à comprendre de quoi il s'agit, d'en comprendre la spécificité.

Le romain pratique une religion attachée à un lieu, c'est donc une religion troublante. De plus il fait une crise existentielle, donc il éprouve à la fois de la répulsion et de l'admiration.

D'un point de vue politique, les juifs sont des alliés objectifs pour les romains.

Les romains respectent les juifs qui ont un statut spécial car ils ne sont pas obligés de pratiquer les religions de la cité. Mais quand ils font des sacrifices à Jéhovah, il est entendu qu'ils fassent des prières pour l'empereur.

Ils ont des pratiques étranges : pratiques alimentaires, interdits, jeûnes, le sabbat, la circoncision, le non-culte des images, les commandements moraux (tu ne tueras point ??)...

Puis on va finir par s'y intéresser, à cette proposition morale, à cette philosophie, au début dans les (11) synagogues de Rome. On devient judaïsant, et surtout grâce aux femmes.

On partage les repas, la pratique devient de plus en plus spirituelle et de moins en moins pratique, tout en évitant les passages difficiles comme la circoncision.

Au début, cette religion est surtout vue comme une lubie de bonne femme.

Poppée, la femme de Néron, devient elle aussi judaïsante.

Le début du christianisme est indifférencié du judaïsme, jusqu'à la fin du Ier siècle. On peut parler de judéo-chrétien.

Ce qu'on peut voir dans les péplums et les "romans historiques", notamment sur l'incendie de Rome à cause de Néron et sur la persécution des chrétiens : que des MENSONGES.

  • Pendant l'incendie, Néron n'était pas dans la ville + les quartiers tout en bois flambait régulièrement, c'était un accident + Néron à ouvert les portes de ses jardins privés à la population en détresse + à cette époque il n'y avait pas encore de chrétien.
  • Les chrétiens ne se réunissaient pas en douce dans les catacombes: leurs réunions étaient autorisées + tout le monde connaissaient les catacombes, toujours à l'entrée de la ville, ce n'était pas un lieu secret + ils ne faisaient pas encore de messe + les chrétiens n'existaient pas encore vraiment + le symbole du poisson était connu de tous.
  • "Poisson" en grec ancien = L'ichthus (ΙΧΘΥΣ, ἰχθύς / ikhthús)

Ι (I) : ΙΗΣΟΥΣ (IÊSOUS) « Jésus » ;

Χ (KH, CH) : ΧΡΙΣΤΟΣ (KHRISTOS) « Christ » ;

Θ (TH) : ΘΕΟΥ (THEOU) « de Dieu » ;

Υ (U) : ΥΙΟΣ (HUIOS) « fils » ;

Σ (S) : ΣΩΤΗΡ Sôter (SÔTÊR) « Sauveur ».

 

Tout le mythe est un fantasme. Quand la doctrine chrétienne s'imposera, pour se différencier du judaïsme, on passera à une autre étape de la civilisation avec l'aspect transcendantale, spirituel, les notions de Père, Mère, Fils, Dieu, de monothéisme, de souffrance (la passion), la mort, la renaissance...

Le culte des saints est un reste des religions polythéiste.

Cf. vision d'un reportage sur les péplums.

27/11/08

Il y a eu des liens entre les romains et la Chine, pendant près de trois siècles.

C'était durant une période de stabilité économique, de paix, d'échange dans le bassin méditerranéen : des conditions favorables pour l'échange avec l'Orient.

Ils passent par Alexandrie, Antioche, Pétra (en Jordanie)...

On satisfait enfin le rêve oriental d'Alexandre le Grand. C'est un rêve à la fois spirituel et mercantile : le luxe, la soie, l'or, la cannelle, les épices...

Les Chinois ont besoin de sécuriser leur royaume et éprouvent une forme de curiosité. D'après leurs archives,

Pen Kaos se rend maître du Turkestan et en 97 av JC, il envoie un émissaire vers le monde romain pour faire des reconnaissances, mais l'expédition n'aboutit à rien.

Au final, il ni aura que des relations commerciales et indirectes. On n'a pas de trace de relations spirituelles ou culturelles.

Chez les Chinois, du côté de l'embouchure du Mékong, lors de fouilles, on a retrouvé des bijoux et des statues d'origine indienne, perse, et gréco-romaine, ainsi que des pièces de monnaies romaines du IIème siècle.

Au nord du Tibet, des fouilles ont révélé des fresques du II et IIIème  siècle sur divers sujets, mais dont le style est influencé par les artistes méditerranéens. On a par exemple un bouddha aux traits et aux vêtements hellénisés + une frise d'amours et de génies + des personnages avec le bonnet phrygien + un portrait qui ressemble à celui d'un Fayoum (= région d'Egypte avec des nécropoles où les corps étaient momifiés mais où les corps portaient des masques de cire très réalistes au lieu des masques en bois ou en métaux habituels), avec des signatures d'artistes qui révèle le nom de Tita. Est-ce une version indianisée de Titus, prénom romain ?

Les romains avec cinq produits de luxe phare :

  • La soie avec la Chine.
  • L'ambre avec la Baltique.
  • L'encens avec l'Arabie.
  • L'ivoire avec l'Afrique.
  • Le poivre avec l'Inde.

La soie est un véritable phénomène de société. Le voyage entre la Chine et Rome peut se faire par différents itinéraires, notamment par le Golfe persique. On transporte la soie sous forme de tissus, de fils ou de façon plus primitive, non travaillée.

Le christianisme finira par critiquer toutes les formes de luxe. (...)

Les romains utilisaient le mot serica pour parler de la soie et le mot séres pour parler des producteurs de soie, c'est-à-dire les chinois. Dans les textes, on trouve 200 occurrences de ces termes.

Le plus étonnant est que les romains ne se soient pas posé plus de question.

Les annales chinoises font état de trois visites d'occidentaux :

1.      166 : des envoyés d'An-toun par la mer, avec des présents (= Antonin = Marc-Aurèle ?)

2.      284 : un groupe d'occidentaux (sans plus d'information).

3.       On ne sait trop quand, entre les deux premiers, est venu un grec.

Et on n'a qu'une seule mention de chinois à Rome, chez l'historien Florus : une délégation de séres et d'indiens aurait été reçue par l'empereur Auguste. Mais on ne le retrouve pas dans les archives. Peut-être étaient-ils associés à d'autres peuples.

A propos de l'itinéraire maritime : Le périple de ma mer Erythrée.  On y dit que des marchands indiens ont vu arriver des hommes de petites tailles avec de larges visages plats, de nature pacifique, portant de lourds ballots (...)

Le visage des séres est inconnu, mais on connait leur toison. Les romains éprouvent de l'intérêt moins pour leur réalité humaine que pour leur production. C'est un peuple très pragmatique.

Géographiquement, on sait que la Chine est après la Perse.

En -III, Eratosthène, qui avait déjà le pressentiment que la terre était ronde, avait le pressentiment que les chinois habitaient au nord de l'Inde, séparés par une montagne.

En II, Pausanias fut le premier a évoquer le vers à soie.

On pensait parfois que c'était une île.

Puis les informations sont devenues plus précises : un vaste territoire, avec quatre fleuves, entouré de montagnes, avec près de quinze peuples.

Il y a des incertitudes géographiques, anthropologiques, linguistiques...

Ils sont disponibles dans le monde romain tel qu'on a besoin de les voir : champs libre pour l'imaginaire d'où deux appréciations.

Soit on ne voit en eux aucune bestialité, aucune monstruosité et on en fait une utopie raisonnable.

Soit ils ont des traits menaçants, car venu de l'Orient.

C'est le rêve d'un peuple lointain au service de Rome.

Ammien Marcellin : « C'est le peuple le plus sobre de tous. »

04/11/08

Cf. l'étude de René Martin sur l'image des femmes dans la littérature latine.

Du IIème siècle av JC au IIème siècle après.

Les femmes sont présentes dans la littérature latine dès le début. Ces personnages peuvent être de trois catégories, qui suivent un ordre chronologique.

1.      La fille monnayable : on est dans le théâtre comique et la femme est avant tout une prostituée.

Cf. Plaute et Térence. Les pièces sont écrites en latin, mais ce sont souvent des reprises de textes grecs, l'action se passe en Grèce et les personnages sont grecs.

On parle de palliataé (du costume le pallium). Pour un romain, c'est l'exotisme, la distanciation et donc la possibilité de se moquer.

Ce phénomène de prostitution est au cœur de ce théâtre. Se sont les femmes que les hommes peuvent fréquenter avant et après le mariage.

La fidélité, à cette époque, n'a pas de sens. On parle des courtisanes d'un certain niveau.

Quand on parle d'Amour, au sens moderne du terme, chez les romains, cela ne peut avoir lieu qu'entre un jeune homme et un homme plus vieux. Sinon, on parle de plaisir ou de mariage.

Les filles appartiennent à des leno, c'est-à-dire des proxénètes. Une courtisane est une porne.

Le passage par la prostituée est la seule quête hétérosexuelle possible. L'histoire se déroule sur plusieurs semaines.

Un homme qui tombe amoureux est quelque chose de très comique pour l'époque.

Il y a différents types de courtisanes, que le public sait reconnaitre d'après les costumes. Exemple : la courtisane dorée qui porte beaucoup de bijoux. C'est forcément un personnage racoleur et cupide.

Julius Pollux (IIème siècle) a écrit un catalogue de ses masques.

On a toujours : une courtisane, un jeune homme, un senex, ... c'est ce qui inspirera Molière, Marivaux, Beaumarchais...

Le jeune homme tombe amoureux d'une courtisane, mais il n'est pas assez riche pour l'épouser.

Puis on a la scène de la révélation (elle n'est pas une courtisane mais une noble), une reconnaissance, un mariage...

Mais ce type d'histoire n'a lieu que sur scène, cela n'a rien à voir avec la réalité sociale de l'époque. Dans la réalité, on est loin du mariage par Amour et les courtisanes ne sont que des objets de plaisir.

On a sur scène un monde où règne l'Amour, le désir du choix, c'est un genre littéraire qui met l'accent sur une conception de l'Amour assez moderne, mais qui marque une rupture avec la tradition antérieure.

 

Mais cette vision des choses va s'amplifier.

A la fin du Ier siècle av JC, question de poésie. On voit la femme sous un nouveau jour, sous le principat d'Octave Auguste.

2.      La maitresse adorable : on place les intrigues à Rome, où la femme n'est pas recluse mais plus libre, elle a accès au lieu public.

Cf. L'art d'aimer d'Ovide.

« Rome seule t'offrira d'aussi belles femmes, et en si grand nombre, que tu seras forcé d'avouer qu'elle réunit dans son sein tout ce que l'univers a de plus aimable. (...)Si pour te captiver, il faut une beauté naissante, dans la fleur de l'adolescence, une fille vraiment novice viendra s'offrir à tes yeux ; si tu préfères une beauté un peu plus formée, mille jeunes femmes te plairont, et tu n'auras que l'embarras du choix. Mais peut-être un âge plus mûr, plus raisonnable, a pour toi plus d'attraits ? Alors, crois-moi, la foule sera encore plus nombreuse. » http://bcs.fltr.ucl.ac.be/OVID/AAi.html

De plus, les temps sont plus propices à l'Amour car ont sort des guerres civiles sanglantes, des guerres puniques, des temps de souffrances. On a envie de légèreté, d'amusant, et il y a un ras le bol de l'austérité, des rigueurs et des vieilles valeurs romaines.

La jeunesse est dépolitisée, on ne se bat plus, sauf par Amour.

Cf. le groupe de poètes élégiaques, qui écrivent en l'honneur de l'Amour :

Catulle. Gallus. Ovide. Properce. Tibulle.

Ils prônent l'Amour sensuel et total, ils proclament tous que la vie doit être subordonnée à l'Amour.

La maitresse est la domina c'est-à-dire celle qui possède des esclaves. L'homme se fait esclave de la femme, elle est idolâtrée telle une divinité et il lui rend un véritable culte.

Dans le théâtre, il ne faut plus payer la femme mais la séduire.

L'art d'aimer d'Ovide est un traité de séduction. Il détourne un genre littéraire réservé à la guerre et ainsi dévalorise la guerre. C'est une nouveauté révolutionnaire.

Les romains avaient toujours considéré la possession amoureuse comme quelque chose de dégradant.

Les élégiaques sont donc novateurs, provocateurs voire subversifs.

  • Catulle écrit pour Lesbia.
  • Gallus écrit pour Lycoris.
  • Ovide écrit pour Corinne.
  • Properce écrit pour Cynthie.
  • Tibulle écrit pour Némésis et Délie.

On ne sait pas grand-chose de ces femmes : elles ne sont pas toute jeune, ni à marier, ni esclave, ni vénale.

Souvent, se sont des femmes divorcées, des étrangères libres ou des affranchies, car elles semblent disposer librement d'elles-mêmes. On a l'impression que les poètes utilisent des pseudonymes à forte connotation littéraire ou mythologique.

Lesbia = Lesbos = Sapho.

Lycoris = Lycorus = fils d'Apollon.

Corinne = poétesse grecque.

Cynthie = celle du Cynthe = montagne consacrée à Apollon.

Délie = Délos = île du sanctuaire d'Apollon.

Némésis = déesse de la vengeance.

La thèse du pseudonyme peut être expliquée par une fonction déréalisante et confère à ses femmes un statut littéraire.

Mais on peut s'interroger sur la réalité de ses femmes, sur l'authenticité des sentiments. Existaient-ils réellement ?

C'est peut-être le signe de l'évolution de l'humanité. On peut conclure que le thème de la passion amoureuse entre en littérature latine à cette époque.

C'est lié à un phénomène socio-culturel important : l'augmentation du lectorat féminin, qui influence la manière d'écrire des auteurs. C'est une grande nouveauté dans la littérature occidentale, du point de vue de la relation écrivain / lecteur. A cela, il faut ajouter le ras le bol des guerres et de la violence.

L'amour est à la mode. Avant cela, on avait :

Hector / Andromaque ; Achille / Patrocle ; Ulysse / Pénélope ; Ulysse / Calypso...

La grande nouveauté : Enée et Didon.

Puis on a l'imposition d'une nouvelle femme :

3.      La femme abominable : elle est dominatrice, redoutable, maléfique. C'est une thématique récurrente, obsédantes, dans différents genres littéraires.

On est au Ier siècle :

Sénèque reprend des personnages mythiques dans le théâtre. Se sont des meurtrières : Clytemnestre, Phèdre, Médée...

Cette dernière est une incarnation du mal, elle n'a pas d'humanité (vs chez Euripide).

Dans le roman, on a Pétrone et le Satiricon : Circé fait partie d'un trio qui vont enfermer des hommes, les torturer, leur faire subir les pires atrocités sexuelles, les pires humiliations. Cf. Sade.

Dans l'historiographie : chez Tacite, Messaline couche avec tout le monde ; Agrippine empoisonne ; Poppée, avec elles, incarnent la luxure, la perversité, la cruauté, le meurtre...

Attention, ces textes étaient écrits plusieurs siècles après les faits réels.

Juvénal écrit dans ses satires que les femmes sont terribles. Ce n'est pas un discours original.

 

A la fin du 2nd siècle, Apulée écrit dans son roman les métamorphoses de l'âne d'or l'acmé de la cruauté féminine, de l'horreur, de la zoophilie, du meurtre.

Mais à la fin du livre, on a un personnage féminin divinisé : Isis apaise et libère tout.

Ensuite, c'est le début de littérature chrétienne.

11/12/08

On a regardé une vidéo sur le Christ au cinéma.

 

18/12/08

Le christianisme et Jésus.

On a comme source littéraire :

Les Evangiles (= bonne nouvelle). A l'origine, c'est un genre littéraire. On en a quatre : ceux de Matthieu, Luc, Marc et Jean. Ils n'ont pas exactement la même chronologie mais tous ont été rédigés après les événements.

Marc et Matthieu : environ en 70 ap JC. Luc : environ en 80-90 ap JC. Jean : environ en 90 ap JC.

Jean aurait été le plus jeune a avoir connu Jésus, mais il y a un problème d'âge. L'identité des rédacteurs est un peu compliquée.

Les Lettres de Paul de Thrace en 90 ap JC.

Les Actes de Pierre, écrit en 100-110 ap JC.

Ce sont les sources chrétiennes les plus anciennes.

Dans la littérature juive, les deux Talmuds mentionnent Jésus.

On le retrouve dans les textes de Philon d'Alexandrie dans les années 40 ap JC.

Chez Flavius Josèphe dans La guerre des Juifs dans les années 76-79 ap JC.

 

Dans la littérature latine :

Tacite : Les Annales en 120 ap JC.

Suetone : La vie de Néron.

Il ne nous en reste que des copies. On a perdu les originaux.

En 1947, à Koumram en Egypte, un berger découvre onze grottes, avec des papyrus : des textes originaux allant du   1er siècle av. JC à 70 ap JC. Ces textes appartiennent à la communauté des esséniens.

On trouve notamment le manuscrit de la mer morte. Certains passages rappellent les Evangiles, et on y parle d'un maitre de justice. Le Christ en a-t-il fait pa

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